Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Vous voulez présenter votre webcomic à des lapins ? Vous voulez faire une expérimentation narrative et tutti quanti ? C'est ici, n'hésitez pas, montrez-nous vos œuvres.

Modérateur : Modéros thomanes

Avatar de l’utilisateur
Bob Boutique
lapin invisible avec cape visible
Messages : 957
Enregistré le : mer. 18 juil. 2007 - 15:39
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Bob Boutique » ven. 02 oct. 2009 - 06:44

Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA (Nord-Est) - Ch 6

Vous êtes bon en math ?



Quand on approche en avion, en longeant la côte par le côté canadien, et que le temps est clair, on est frappé par l’étendue incroyable de l’agglomération new-yorkaise, qui s’étire sur une centaine de kilomètres ! Où qu’on regarde, on ne voit que des lotissements en damiers, des parkings de voitures, des usines, et une multitude de centre villes de la taille de Charleroi, Caen ou Grenoble, avec leurs buildings et des complexes de grands magasins, que relient des voies rapides sur lesquelles circulent des colonnes de fourmis. Star Wars.



Peu de verdure, mais un océan Atlantique gigantesque, d’un bleu profond, que griffent de leurs sillages blancs une multitude de bateaux qui tous voguent dans la même direction : Manhattan…

C’est… comme une galaxie de béton, ou de lumière si vous la découvrez la nuit.

Je croyais que New-York se trouvait en bord de mer et qu’en arrivant en bateau, on voyait soudain surgir sur l’horizon, le spectacle bien connu des gratte-ciels alignés comme pour la parade. Hé bien pas du tout ! Zoomer avec Google Earth et vous comprendrez tout de suite.



Votre paquebot va aborder l’Amérique via une sorte de large golf au fond duquel se trouve un chenal. Derrière ce passage relativement étroit s’ouvre une mer intérieure et ce n’est qu’ au fond de celle-ci qu’on arrive à la City, une presqu’ile de quinze kilomètres de long en forme de pain français, avec la rivière Hudson à gauche et l’East River à droite.
Quant à la statue de la liberté, il faut bien regarder pour la trouver car elle est petite et fichée sur un ilot de deux cent mètres de diamètre.

Autant dire que les films catastrophes qui vous montrent un déferlement de tsunami sur la ville, avec la mer qui s’engouffre entre les tours et soulève les taxis jaunes comme des fétus de paille… c’est de la franche rigolade.
Et pan ! Encore un canard d’abattu.

****
- Pa, regarde !

Le train poussif qui nous emmène de l’aéroport au centre ville à travers un dédales industriel franchement tristounet, quasi à l’ abandon, vient de bifurquer et découvre dans la fenêtre pas très propre du wagon, l’image caractéristique et brumeuse de Manhattan. On dirait que quelqu’un vient d’en épingler la photo sur la paroi.

Cette fois-ci on y est. Juju photographie des yeux.

Autour de nous, les voyageurs somnolent et ondulent doucement au rythme de la locomotive, perdus dans leurs pensées de blacks, chintoques, latinos ou yankees. Car toutes les races sont représentées, unies dans une même morosité de boulot-métro-dodo.

Quant à nous, avec nos sacs empilés sur les banquettes vides, on ressemble aux Dupont-Dupond déguisés en touristes, pour passer inaperçus.

Et puis soudain… le noir.

La locomotive s’engouffre dans le tunnel qui plonge sous le fleuve Hudson et on voit défiler des câbles électriques et des murs de béton pendant dix minutes avant de jaillir d’un seul coup dans la quatrième dimension ! En plein milieu de Manhattan et ses tours qui grattent le ciel. Ca fait un choc !
Mais j’ai à peine le temps de m’extasier qu’on replonge dans le noir…
On entre dans la gare de Pennstation. Carrément anti-déluvienne et sombre. Y’a même pas d’escalators et je dois trimballer nos bagages sur les épaules pour gravir les marches qui mènent à l’ extérieur. Puis une fois dehors…. Rebelote, nouveau choc ! Un flash de lumière.
Comme si le grand film venait de commencer sur un écran géant en 3d, avec un générique tonitruant de klaxons, de coups de sifflets et de musiques pop . Les trottoirs sont bondés, on se croirait à la sortie d’un match de foot, et ces passants de toutes les couleurs ( impossible d’en tirer une majorité ) marchent d’un pas rapide et décidé. Jeunes ( entre trente et quarante ans ) et le visage empreint de sérieux. Ces mecs savent où ils vont et pourquoi.

Quant aux gonzesses, elles arborent toutes des accoutrements et maquillages ‘fashion’ et ( dixit Poussin) personnalisés. Mode. Tous les styles, tous les pays et tous les genres. Mais toujours de qualité et probablement assez chers. Vous voulez connaître Le dernier cri ? Des petites bottes en caoutchouc multicolores sur des jupettes. Autant dire qu’on a à l’air de vrais ploucs !



Il fait très chaud. 85 degrés… fahrenheit.

Pour convertir, c’est très simple. Vous enlevez 30, divisez par deux et ajoutez 10%. J’me marre, car je vous imagine tous en train de calculer… Bon, je vais être sympa : ça fait 30.25° Celsius.
Hé oui, notez, notez… sur la côte est, il fait très chaud en été et très froid en hiver. On en reparlera.

- Bon, on fait quoi ? Demande ma douce et tendre, en s’asseyant sur un rebord de vitrine qui vibre tant la musique à l’ intérieur est forte. Ca hit-parade grave.
- On va à l’hôtel.
- C’est loin ? Avec tous ces bagages ? On devrait peut-être prendre un taxi, essaie timidement le rejeton ?
- Meuh non ( ça c’est moi, le radin, qui s’exprime ), l’hôtel se trouve à quelques blocks, dans la 50eme rue, à deux pas de Time Square ( j’adore faire mon important ). Il y en a pour dix minutes. Nos valises ont des roulettes et comme ça… on fera connaissance avec la ville.
Gros soupir de Juju qui déteste marcher, mais approbation de Poussin qui est encore plus économe que moi.
- Allez, on y va !



(vidéo)
*********************************************************************************************************

*********************************************************************************************************
(voir en haute définition HQ)
****
Un instant. On arrête tout. Eteignez le projecteur, rallumez les lampes et prenez note, ça comptera pour l’examen. Titre du chapitre : comment se repérer dans New-York.

En fait, rien de plus simple. Car la ville est découpée en rues horizontales et avenues verticales numérotée de un à plus en commençant par le bas, le sud. Ca fait autant de carrés de plus ou moins cent mètres de côté qu’on appelle block.
Si on considère que la 5° avenue divise l’ile en deux dans le sens de la longueur, tout ce qui se trouve à gauche sera West, et à droite East.

Ainsi la gare se trouve à l’angle de la 7° avenue et de la 31° rue west. On doit se rendre au ‘Big Appel Hostel’ qui se trouve dans la 45° east… on va donc remonter 14 blocks vers le nord, puis prendre deux avenues à droite, soit grosso modo 1.600 mètres. C’est pourtant simple.



Compresi ? Faut vraiment être très mauvais en math pour ne pas s’y retrouver.

- En avant… reprend Poussin qui part en tête. J’ai envie d’une bonne tasse de café.

Ben, je la suis… quand elle est décidée comme ça, rien ne peut l’arrêter et certainement pas moi.

La suite, un autre jour. Si ça continue à vous intéresser.


Avatar de l’utilisateur
Bob Boutique
lapin invisible avec cape visible
Messages : 957
Enregistré le : mer. 18 juil. 2007 - 15:39
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Bob Boutique » ven. 09 oct. 2009 - 06:48

Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA (Nord-Est) - Ch 7

Y'aurait comme une p'tit erreur !



Voici enfin le ‘Big Apple Hostel ‘, un bâtiment de cinq étages qui fait un peu minable à côté de tous ces buildings rutilants que nous longeons depuis un quart d’heure.



- Pas l’air terrible commente Juju, toujours sourcilleux de son confort. Et puis… quel nom bizarre : ‘la Grosse Pomme’ ?
- C’est le surnom qu’on donne à New-York depuis le début du siècle…
- Ah bon… et pourquoi ?
- Il y a plusieurs versions…

J’ai lu tout ça à gauche et à droite, mais adore donner l’impression que je connais tout, surtout à mon rejeton…

- … la plus ancienne prétend qu’une française du nom de Eve ouvrit ici même ( c’était en 1800 ) une maison close
qui devint rapidement célèbre… à l’époque, on disait alors qu’ 'on allait aller chez Eve pour goûter ses pommes'
par référence à la pomme d’Adam… pas celle de la gorge, celle qui pendait à l’ arbre du mal.
- On avait compris, précise Poussin.
- En résumé, tu nous emmènes au bordel, fait finement remarquer mon fils.

Ah bon ! Il connait ça ? A quatorze ans… j’en avale de travers.

- Oui et non… car il existe une autre version… les premiers musiciens de jazz noirs ( ça c’était au début du
siècle ), avaient un trac fou quand ils venaient jouer dans les clubs prestigieux de Manhattan où, pour reprendre
une expression anglaise 'ils avaient la pomme d’Adam qui gonflait au point de les étouffer'. Pas la pomme
de l’arbre bien sûr, celle qui se trouve sur la gorge…
- On avait compris, re-précise Poussin.
- Bref, aller à New-York, c’était donc se rendre à la ‘grosse pomme’ !
- Je préfère cette version, commente ma 95% qui n’aime pas trop rigoler avec les histoires de fesses. Bon… on
entre ?
- On entre.

****
Juju n’a pas tort. Ca ressemble plus à une auberge de jeunesse un peu dépassée, sombre et vétuste, qu’à un hôtel, mais j’explique :
Un, ça nous coûte 120 euros par jour pour trois ( plus les taxes, j’y arrive… ) , ce qui pour New-York est donné. Le petit dej n’est pas compris, mais il y a un snack juste à côté qui ouvre à sept heures du matin.
Deux, ça se trouve en plein coeur de la ville, à quelques centaines de mètres de Time Square, de l’Empire State Building etc…
Trois, il y a une kitchenette à dispo pour ceux qui veulent faire leur popotte. En clair, on achète quelques courses dans un warehouse et on mange pour deux fois rien.

NON. Je ne suis pas radin… é-co-no-me. Ma maman est hollandaise ? Oui et alors ? D’autres remarques ?

- C’est quoi les taxes ?

C’est américain et ça demande un peu de concentration.

A New-York, il faut ajouter à chaque prix affiché ( en boutique, en vitrine, au resto etc… ) une tva de 14.25% et des divers… un exemple : 3.5 dollars par personne et par nuit comme taxe de séjour dans les hôtels… 15% en moyenne pour le ‘tip’ ou pourboire dans les cafés, etc… mais rien pour les produits alimentaires ni dans certains fast-food…

Bref, c’est compliqué et vous ne connaîtrez le vrai prix à payer qu’en rendant la monnaie et en étudiant votre ticket de caisse. En plus, tous ces chiffres changent d'un état à l' autre. Mais pas de panique ! L’ Amérique n’est pas chère et en tous les cas moins qu’en France et surtout, qu' en Belgique.

Bon, vous entrez dans cet 'hostel', oui ou non ?

On entre.

****
Le mec derrière le comptoir antidéluvien est asiatique et semble fort occupé à matter les quatre images de son écran de surveillance. La clientèle est essentiellement jeune et entre et sort avec de lourds sacs à dos, comme dans une auberge de jeunesse.

Je lui tends le print de ma réservation effectuée sur le net et m’ inquiète un peu, car il ne semble pas nous trouver sur son listing. Poussin me jette un regard soupçonneux…

- Rappelez-moi votre nom ?
Nouvelle étude attentive de son programme de réservation, sourcils froncés ( ce qui pour un chintoque doit le rendre à peu près aveugle ) et puis soudain…
- Ah, mais je comprends. Vous deviez arriver hier ?
- Hier ? Mais pas du tout… j’ouvre ma fameuse farde verte et lui montre mes documents… voyez vous-même !
- Il voit lui-même et me rend mes papelards avec un sourire ironique ( Oh que je n’aime pas ça.. ), vous avez réservé pour le 29 août… c’est écrit ici en toutes lettres.
- Oui et alors ?
- Nous sommes le 30 termine Poussin d’une petite voix blanche ! Tu t’es trompé.

Son regard est plus sombre que le fond de l’enfer… menaçant. Pas pour l’hôtelier, mais pour bibi, qui les regarde tour à tour avec des yeux de soucoupe et, je suppose, l’air du parfait imbécile.

- Mais ne vous inquiétez pas, poursuit mon tortionnaire chinois. Vous aviez réservé pour quatre jours. Votre chambre est toujours disponible ( Ah ! soupir de soulagement ). Evidemment , je dois vous compter la journée perdue, soit 150 dollars + les taxes (Ah ! Soupir de désespoir )… puis-je avoir votre carte Visa please…

Poussin ne dit rien. Bon ou mauvais signe ?

****
Nous sommes au quatrième. L’ascenseur ressemble à un monte-charge et la chambre est minuscule, propre mais minuscule, avec une sorte de chatière qui donne sur un puit d’aération. La vue s’arrête à deux mètres sur un joli mur de ciment. En clair ( si je puis dire ) il fait sombre et ce n’est pas l’ampoule de 5 watt qui va changer grand-chose à l’affaire. Pas d’armoire. Pas de place.

On a casé dans un coin pour Juju, un lit pliable qui une fois déployé nous oblige à marcher sur les matelas pour rejoindre la porte, qu’il n’est plus possible que d’ouvrir à moitié.

- Je vous préviens, déclare mon 99,99%. Moi, la nuit, je dois faire pipi et tant pis si je marche sur vous !



Mais la clim fonctionne ( Ah, quand même ) et il y a une télé qu’un savant fou a bloqué sur un seul programme, qui s’arrête toutes les deux minutes sur un quart d’heure de pub.

- Bon, dois-je admettre, profil bas, c’est pas terrible et on a payé une nuit pour rien ! Mais pour New-York, c’est bon marché ( le mot miracle qui me sauve aux yeux de Poussin ) et puis c’est propre ( exact ). J’ai vu la douche dans le couloir, elle est nickel. Après tout… on ne vient ici que pour dormir !
- Combien de temps, demande Poussin ?
- Quatre nuits.

Heureusement, tout le monde est crevé ( merci le décalage horaire ) et personne n’a envie d’épiloguer. On descend boire un café ( thé pour Juju ) à la cuisine et puis au dodo…

Et vous savez quoi ?

On a dormi comme des loirs, d’une seule traite… et ma petite-femme-chérie-que- j’adore etc… n’a même pas insisté. Je ne la mérite pas.

La suite un autre jour, si ça continue à vous amuser.


Avatar de l’utilisateur
Bob Boutique
lapin invisible avec cape visible
Messages : 957
Enregistré le : mer. 18 juil. 2007 - 15:39
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Bob Boutique » ven. 16 oct. 2009 - 06:43

Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA (Nord-Est) - Ch 8

Breakfast not included.



La cuisine de l’hôtel est vide et ça nous arrange fort bien. On s’est levé tôt ( sept heures ) pour ne pas avoir à faire la file devant la douche.

Seul ennui, on n’a rien à bouffer. Les frigos sont plein de victuailles, rangées dans des sacs plastiques avec des noms écrits au marker, mais c’est pas à nous. On pourrait piquer un petit peu, discretos, dans chaque sac, ni vu ni connu, comme je le faisais à l’époque où j’étais fauché et traînait un peu partout sur cette planète, mais avec Poussin faut même pas le rêver.

- On pourrait aller au snack à côté. Paraît que c’est bon marché ?
- C’est beaucoup trop gras, répond -elle… des œufs frits au ketchup, des pommes de terre grillées, des saucisses… Non, on va faire quelques courses.
- A cette heure ? Mais tu ne trouveras rien d’ouvert, un dimanche en plus !
- Si, si, la fille de l’accueil m’a dit qu’il y a plein de magasin qui fonctionnent toute l’année 24h sur 24. Il y en a même un près d’ici, au coin de la 7° avenue et de la quarantième-septième rue.
- Mais je crève de faim…
- Tu peux attendre une demi heure quand même ?

Quand elle fronce les sourcils comme ça, cela signifie que rien, absolument rien, ne la fera changer d’avis. Même pas un chef de famille qui porte la culotte comme moi… enfin… disons un short. Drapeau blanc. Je capitule.

****
C’est un grand ‘petit magasin’ qui ne ressemble à rien. Des rayons rangés comme des camions sur un parking, des vigiles noirs à l’entrée et des tas de vendeuses noires ou asiatiques en uniforme, qui se donnent mutuellement des ordres et n’hésitent pas à vous rappeler au même ordre, si vous oubliez de faire la file.

Mais où sont les blancs me dis-je interloqué ? Ceux qu’on voit marcher d’un pas pressé sur les trottoirs, le regard dur, le front sérieux, un sac à portable en bandoulière ? Dans les tours ?

Je suis ( du verbe suivre ) mon épouse légitime, les mains dans le dos ( Juju fait de même derrière moi ) et étudie toutes ces marques inconnues auxquelles je ne comprend rien. Michael Jackson chantonne en bruit de fond, histoire de rappeler qu’il vient de prendre sa toute dernière dose de Propofol.

Ca traîne. Moi, le matin, y’m’faut du café, du vrai, pas du pipi soluble. Et des tartines à la belge, avec de la confiture, du Nutella ou du beurre de cacahuètes. Une baguette à la rigueur… et vite. Avant même de me raser.

Hélas, pas moyen de trouver un bon pain bien rond, ou carré ! Et encore moins une boulangerie qui embaume la farine de blé et la levure…

Je ne sais pas ce que mangent les ricains au petit-dej, des biscottes ou du flocon d’avoine, mais les seuls pains que je trouve sont emballés sous cellophane et tellement mous, qu’ils se transforment en crêpes rien qu’en mettant la main dessus. Du niam-niam pour maison de repos…

- Pas grave commente Juju, on va les toaster…

Idem pour la confiture. On a presque dû se mettre à quatre pattes sous les rayons pour dénicher un pot de fraises qui y ressemble.

En fin de compte, on a quand même déjeuné correctement et là, dans la cuisine de l’hôtel, j’ai pu analyser les différents menus des suédois, des allemands, des italiens… j’en ai même vu un qui se faisait une grosse omelette baveuse avec des haricots rouges, à huit heures du matin ! Mais comme il était seul ne parlait pas, j’ignore de quel pays il venait.

Notez, notez… quand on voyage, il faut accepter de changer ses habitudes ou alors, se contenter de trois semaines dans un camping de la mer du Nord avec un petit seau en plastoche et une pelle de plage.

****

- Je dois m’acheter une fiche compatible de toute urgence, dis-je à Poussin. Je n’ai pas pu mettre ma batterie en charge hier soir. J’ai peur que ma caméra ne me lâche.
- Ben… et ton adaptateur international à douze euros ?
- P’têt qu’il fonctionne avec un robinet d’eau ou un tuyau de gaz, mais pas avec les prises de l’hôtel. J’ai vérifié. Ce ne sont ni les mêmes écartements ni les mêmes connecteurs.

Bon, je résume. On a trouvé ce qu’il fallait pour quelques dollars dans un petit magasin d’électronique, mais j’ai eu toutes les difficultés du monde pour l’employer. Car il fallait enfiler une fiche sur une autre et que l’ensemble, trop long, se décrochait de la prise. Bref, j’ai du bidouiller tout au long de notre séjour avec des empilements de bouquins, de vases ou n’importe quoi d’autre pour que ces deux fiches se présentent bien à plat devant la prise, et vérifier… car au moindre tremblement le montage se détachait.

Je n’ai pas la solution. Autant savoir.

****
Bon, c’est pas tout ça. Faudrait songer à amortir notre investissement et visiter un peu…

Au programme de cette première journée : rien de spécial, repos. A savoir musarder dans Midtown, manger un bout dans un snack ( oui, oui… je sais, c’est trop gras ) et terminer en beauté à la nuit tombée avec Time Square et ses fééries lumineuses.

Au début, on marche la tête en l’air à admirer les buildings qui s’alignent comme des maisons de rangée. C’est effectivement fabuleux. Puis on s’habitude et on commence à observer les marchands ( noirs ou asiatiques ) de hot-dogs, bretzels et autres brochettes qui parquent à chaque coin de block, les vélos taxis qui circulent sur les boulevards ( là ce sont des blancs, sans doute des étudiants ), les limousines de 10 voir 15 m de long qui circulent dans tous les coins…

Les flics aux képis caractéristiques et chemises bleues ( noirs, style joueur de basket ), les taxis jaunes qui constituent l’essentiel de la circulation, les gonzesses, rousses, noires, jaunes, blanches, café au lait qui semblent habillées par Prada , un peu pimbêches, les écrans plasma qui scintillent, tournoient ou défilent sur les façades…

Puis soudain… des cris, des hurlements, relayés par un micro !

On approche d’un parc entouré d’un haut grillage en fer forgé. Près de l’entrée, une vingtaine de blacks déguisés en Lawrence d’Arabie hurle des slogans anti-blanc. Je ne comprends pas tout, mais les mots ‘oh oui, prends-moi, oh oui, encore, oh oui, prends-moi la bague, là, non, la grosse’ et ‘bastard’ reviennent à l’ encan. Je filme sous le regard soupçonneux d’un service d’ordre qui pourrait me balancer de l’autre côté de l’avenue rien qu’en éternuant.



Le plus drôle, c’est que de l’autre côté des grilles, y’a un mec qui donne un cours de philo en plein air à une cinquantaine d’étudiants blancs assis sur des chaises publiques. Le prof parle calmement de ‘négociéchen’ et ‘reléchenchip’, avec les éructations racistes en bruit de fond. Very strange.

(vidéo)
**********************************************************

**********************************************************
(à regarder en haute définition HQ)

Et enfin Time Square.

C’est comment dire… Piccadilly Circus, Les Champs Elysées, le Prater, la Grand-Place de Bruxelles… le lieu où tous les touristes se retrouvent le soir. C’est fou, délirant, sympa… Je ne vais pas perdre mon temps à le décrire, puisque j’ai une vidéo. Tout y est. Attention les yeux.

(vidéo)
**********************************************************

**********************************************************
(à regarder en haute définition HQ)

La suite un autre jour, si ça continue à vous amuser.

http://www.bandbsa.be/contes.htm

Avatar de l’utilisateur
LaHyenne
ourse verte
Messages : 8140
Enregistré le : sam. 08 mars 2003 - 01:58
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar LaHyenne » jeu. 22 oct. 2009 - 19:56

Ah ouais. ouais ouais ouais ouais, meme que.
Very strange

Invité
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Invité » ven. 23 oct. 2009 - 07:24

Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA (Nord-Est) - Ch 9

Larguez les amarres.



Je suis déjà venu à New-York , dans mon jeune temps. Il y a… oh ! C’est encore plus vieux que ça. A l’époque, c’était un véritable coupe-gorge et je me souviens que je devais enjamber des corps de drogués ou de SDF ivres-morts lorsque je me baladais sur le Bowery, avec un seul billet de cinq dollars dans mon jean.

Car il était courant, surtout le soir, de se faire aborder par des groupes de blacks qui vous demandaient gentiment de leur prêter votre portefeuille. Quant au métro, il était tellement couvert de graffitis, que les publicités ne se remarquaient plus.

Puis est arrivé super-Giuliani, c’était dans les années 80-90, qui se fit élire maire de la ville sur la promesse de tout remettre en ordre. Ce qu’il fit. Tolérance zéro. Des flics partout, poursuite des moindres incivilités, expulsion des mendiants qui lavaient vos pare-brises aux feux rouges, quadruplement des peines de prison… une politique musclée, parfois inhumaine, mais qui a littéralement nettoyé le terrain.

Aujourd’hui on peut affirmer que la ville est ‘secure’. Je n’en dirai pas autant des zones avoisinantes, mais bon… c’est à Manhattan qu’on se promène et franchement, sans la moindre appréhension. Y compris dans ce fameux métro qui relie tous les coins de l’île en quelques minutes pour un dollar cinquante. Il date du début du siècle et est crade, mais il y en a partout, tout le temps, et c’est vraiment la meilleure façon de se déplacer.

En plus, tout le monde vous renseigne avec amabilité et il y a des employés à tous les portiques. Noirs évidemment.

(Vidéo)
************************************************************************************************

************************************************************************************************
(voir en haute définition HQ)

On s’est levé tôt comme d’hab, car ce matin on va visiter la statue de la liberté et qu’il y a en général des kilomètres de file rien que pour accéder au bateau qui doit nous emmener vers l’ile. C’est du moins ce qu’ explique le Guide du Routard.
Aucune chance de monter à l’intérieur ( là, il faut réserver des jours à l’ avance, vu qu’on ne peut grimper que par petits groupes ) mais tourner autour, c’est déjà pas mal.

Bref, on déjeune vite fait et on arrive juste à temps pour le premier bac. Ca se trouve dans Battery Park, à la pointe sud de Manhattan. Impossible de le rater, c’est à cent mètres de la station de métro qui est d’ailleurs le terminus de la ligne. Logique, après on est dans l’eau !





Petit aparté… si vous prenez la peine d’examiner la carte maritime du sud de Manhattan, vous noterez qu’il y a plusieurs îles en face de celle-ci. State Island, la plus grande (un demi million d’habitants), Governor Island qui est occupé par l’armée et les gardes côte, et enfin les deux petits bouts de terre qui nous intéressent, à savoir Liberty Island avec sa statue et Ellis island où on regroupait tous les candidats à l’immigration. On en reparlera.

Tout ça est relié par des ferrys du début du siècle qui tournent 24h sur 24h et gratos ! Service public oblige. En revanche, le trajet qui passe par la statue et Ellis Island coûte 12 dollars, tourisme oblige.

Du coup, y’a des petits malins qui font l’aller retour de State Island pour ne pas payer et voir quand même au passage ( et d’assez près ) la gonzesse en vert qui lève son flambeau. Sans pouvoir y débarquer bien sûr.

Alors, raison, pas raison ?

Je dirais ‘pas raison’, car ce serait comme si vous alliez à Paris sans voir la Tour Eiffel. A ce propos, c’est dans les ateliers du brave Gustave que le sculpteur Bartoldi fit fondre les pièces de cette statue, qui soit dit en passant était prévue dans un premier temps pour l’entrée du Canal de Suez. Comme quoi rien n’est simple.

Mais ne vous attendez pas à un monument Kollossaaal… c’était sans doute très imposant en 1886 avec ses 46 mètres de hauteur, mais plutôt quelconque aujourd’hui. Sauf que c’est aussi célèbre que la Joconde. Donc, on y va. Nous on est comme ça… on rentabilise.



Bon vous montez dans ce ferry ?

Minute jeune homme ! Ici on est aux States et tout se fait dans l’ordre et l’organisation. Bref, lentement. Et pour cause… on a placé des barrières autour des bateaux et une grande tente, devant laquelle il y a déjà cent mètres de file. Et je vous jure que je n’exagère pas.

Des flics et fliquettes partout, noirs évidemment, à moins que ne soit des gardes de sécurité. Je ne les différencie pas très bien, tellement ils se ressemblent. Fouille corporelle et déballage des bagages s’il vous plait, suivi de l’inévitable passage sous le portique, où je « sonne » à chaque fois, rapport aux boucles en fer des mes godasses de montagne. Personne ne se plaint. Chacun piétine en silence, calmement, en attendant son tour, insensible aux mines renfrognées des cerbères qui vident mon sac à dos.

Ah ça, on peut dire que le 11 novembre a laissé des traces. J’observe en passant qu’on ne voit pratiquement pas un seul arabe à New-York. Une ou deux femmes voilées en cinq jours… Bref, on monte sur ce ferry comme dans un avion, pour un quart d’heure de croisière. C’est comme ça.

- Je prépare l’appareil, m’explique Poussin en passant la lanière autour du cou (faudrait pas qu’il tombe dans la flotte ) et en s’accoudant au bastingage. On va voir Manhattan et ses tours depuis la mer, comme au ciné… je ne veux pas rater ça.
- Donne, intervient Juju. Je vais te le régler pour la luminosité…

Les touristes s’entassent sur le pont. Les moteurs du paquebot commencent à ronronner… on va lever l’ancre, car un autre ferry approche pour relayer le premier.

- C’est ici même qu’un avion de ligne s’ est crashé il y a quelques semaines leur dis-je. Il venait de décoller de Newark en face et le pilote à réussi à le poser sur la baie sans dégâts. Les gens ont eu juste le temps de sortir avant qu’il ne s’enfonce dans l’Hudson… c’était à la une de tous journaux télévisés.
- Ah oui, je me souviens, complète ma chère et tendre. Brrr… dans cette eau glacée !
On s’assoit sur un banc à côté de deux jolies blacks qui attendent comme nous que le capitaine Nemo veuille bien lâcher les amarres.
- Regarde, dis-je à Poussin, en lui montant discrètement deux blondes déguisées en poupées Barbie. Ici chacun s’habille comme ça lui plait, sans s’occuper des autres et tout le monde respecte. J’ai vu des noires colorées comme des sapins de Noël, mais ça leur va bien…
- Vous avez raison, intervient ma voisine black. Chacun fait comme il veut et c’est très bien comme ça.
Puis devant mes yeux un peu gênés,
- Nous sommes françaises.

J’en rate pas une. Mais je vous laisse, on quitte le quai et tout le monde se précipite à babord pour photographier et filmer Les gratte-ciels.

(Vidéo)
************************************************************************************************

************************************************************************************************
(voir en haute définition HQ)

La suite un autre jour, si ça continue à vous amuser.


Avatar de l’utilisateur
Bob Boutique
lapin invisible avec cape visible
Messages : 957
Enregistré le : mer. 18 juil. 2007 - 15:39
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Bob Boutique » ven. 23 oct. 2009 - 22:22


Invité
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Invité » ven. 30 oct. 2009 - 07:25

Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA (Nord-Est) - Ch 10

La peine, pas la peine ?



Le ferry vogue gentiment en direction de la statue de la Liberté. Il fait bon, un peu de vent mais pas de quoi s’enfermer dans un gilet. Les touristes ( donc nous compris ) font leur boulot et filment ou photographient à qui mieux mieux. En face, ‘La liberté éclairant le monde’ grandit, tandis que derrière nous se déploie l’image caractéristique de Manhattan avec ses boites d’allumettes dont les pieds semblent plongés dans la baie de l’Hudson.



Poussin feuillette le Guide du Routard et nous lit à haute voix ce qu’il faut savoir du monument pour ne pas rentrer comme des idiots à Bruxelles.

- Elle est en cuivre et c’est l’air marin qui lui a donné cette jolie couleur verte, style Hulk... elle a servi de phare jusqu’en 1902… et a été érigée pour célébrer le premier centenaire des Etats-Unis…

On écoute sagement, un peu impressionnés quand même.

- Elle est composée de plus de mille pièces qui ont été forgées à Paris, transportées en train jusque Rouen, d’où on les a conduites en bateau par la Seine jusqu’au port du Havre où les attendait une frégate…
- Dommage qu’on ne puisse pas monter à l’intérieur de la tête, dis-je. Ils l’avaient fermé après les attentats du 11 septembre. C’est ré-ouvert depuis juin, mais il faut réserver des jours à l’ avance…
- Ca doit être chouette intervient Juju.
- Ben, il y a 168 marches jusqu’à la couronne à sept pointes. Et là, une vingtaine de hublots d’où on peut zyeuter la baie de Manhattan. Plus une petite expo sur la construction de la statue…
- On verra ça sur internet à l’ hôtel.

Je le regarde interloqué. Bien la peine d’aller aussi loin pour visiter par écran interposé ! Dans quel monde vivons-nous.

Entretemps notre Titanic est arrivé à quai et nous suivons la piétaille flashante et cliquetante ( oui, oui… nous compris ) pour arpenter l’île un peu plus grande qu’un terrain de foot, en faire le tour la tête cassée à 45° et admirer la grosse madame qui observe l’horizon les sourcils froncés.

(vidéo)
*********************************************************************************************************

*********************************************************************************************************
(voir en haute définition HQ)

- Y z’auraient pu la faire souriante ou même hilare, avec une dent en or, fais-je observer. Telle quelle , on dirait qu’elle menace le monde avec une massue.
- C’est en tous les cas la première image de l’Amérique que les immigrants du début du siècle rencontraient lorsqu’ils arrivaient sur leurs bateaux chargés à ras bord… commente Poussin qui nous suit le nez toujours plongé dans son bouquin. C’est vrai ça , pourquoi se faire un torticolis , alors que tout se trouve dans le livre, avec des photos…
- Parait que Bartoldi lui a donné le visage de sa mère.
- Oédipe ! Je parie qu’il zézéyait et courrait en jupette derrière elle…

Bon. On fait le tour de la question en un quart d’heure et rejoignons le bac qui s’apprête à repartir pour Ellis Island, à une encablure de là.

Alors, fallait-il y aller, fallait-il pas ? J’en sais toujours rien.

****

Cette seconde île est à peine plus grande que la première, mais d’emblée nous sommes émus. C’est que douze millions d’immigrés russes, allemands, italiens, espagnols, irlandais, français et même belges… ont foulé ce débarcadère avant nous, avec des valises fermées de bouts de ficelles, des ballots noués autour des reins et des marmots suspendus à chaque main.

C’était au début du siècle. L’Amérique était en plein boom économique et engageait de la main d’œuvre dans le monde entier.



On entend leur piétinement sur les poutrelles de bois et les vociférations des policiers leur demandant de se mettre en rang puis de s’orienter vers le grand bâtiment en briques qui jouxte les quais pour subir un premier contrôle. Non, rien à voir avec Auschwitz. Mais les photos noir et blanc exposées à l’intérieur de l’immense hall des bagages, conservé en l’état, y font penser.

On se promène en silence au milieu de ces milliers de paires d’yeux de papier qui fixent un futur qui se trouve déjà loin derrière nous. Dire que tous ces visages pâles, inquiets mais combien courageux, sont ceux des arrière grand parents de la moitié de la population américaine.

Ils sont d’ailleurs très nombreux à venir ici en pèlerinage avec leur enfants et petits enfants, pour essayer de retrouver le nom d’un ou d’une ancêtre parmi les tonnes de documents conservés en archives. Un Müller, un Fergusson, un O’ Really, un Dubois, un Dos Santos…
(vidéo)
*********************************************************************************************************

*********************************************************************************************************
(voir en haute définition HQ)

- Que faisait-on de ceux qui étaient refusés, demande Juju, visiblement impressionné par la dramaturgie des lieux ? Il me parle à mi voix, comme si nous étions dans une église.
- J’ai vu qu’il y avait un hôpital sur l’île, pour les tuberculeux… en fin de compte fort peu sont repartis, 2% à peine…

****

Et puis soudain, voilà qu’une nuée de flics ou d’agents de sécurité, noirs bien sûr, entre en courant dans le musée en criant qu’il faut immédiatement quitter les lieux… pour des raisons de sécurité, si j’ai bien compris. Je vous jure que c’est la stricte vérité.

On nous pousse dans les jardins entourant le bâtiment et on se retrouve une cinquantaine à glander en rond en se demandant ce qui a bien pu arriver. P’têt qu’ils ont reconnu Ben Laden déguisé en touriste tyrolien ou plus simplement un sac abandonné ? Allez savoir.

Un quart d’heure plus tard, ils réapparaissent et ouvrent les portes sans autre explication. Ca aussi c’est l’Amérique 2009.

Mais on a plus vraiment envie de se replonger dans le passé et puis… il est presque midi et nos estomacs commencent à faire des bruits de tuyaux de plomberie.

Alors, comme il y a une cafétaria près de la boutique aux souvenirs, on s’installe et commande ( dixit Poussin ) tout ce qu’il y a de plus dégueulasse au menu : à savoir des fish and chips, des boules de glace, de la graisse au kilo et d’autres choses que je préfère ne pas vous décrire, pour le cas où vous me liriez à quelques minutes d’un repas.

Moi j’ai aimé évidemment ! Ca vous calle un homme pour quelques heures. Les deux autres : les bien élevés, les écolos de pacotille, les mauviettes, les Mr et Mde Prout ma Chère, pas trop. Faut savoir vivre dangereusement quand on voyage.

Bon alors quoi, en définitive. La peine, pas la peine ? Une demi journée quand même ?

Si, ça en valait la peine. Défnitly.


Avatar de l’utilisateur
LaHyenne
ourse verte
Messages : 8140
Enregistré le : sam. 08 mars 2003 - 01:58
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar LaHyenne » sam. 31 oct. 2009 - 04:00

Fish and Chips ? Ah oui, ca valait la peine !!!

Invité
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Invité » ven. 06 nov. 2009 - 07:22

Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA (Nord-Est) - Ch 11

La vie continue



Si je vous demande où se trouve l’Orégon et s’il est plus près de l’Iowa ou du Delaware ? Il y a de fortes chances pour que vous ouvriez la bouche comme un poisson qui vient d’avaler de travers. Vous en faites pas, l’amerloque aura la même réaction si vous lui demandez de préciser où se trouve le Luxembourg, au dessus du Danemark ou à l’ouest de la Sicile ?

C’est que c’est vachement grand les USA, United States of America ! Ca comprend une cinquantaine d’états qui sont autant de pays, avec leurs propres lois, parlement, gouvernement etc… Comme la Communauté Européenne. Sauf qu’on accuse deux cent ans de retard sur eux, puisque nous n’avons pas encore, nous, de président européen, d’armée européenne et surtout de langue commune.



Pour l’instant nous nous promenons donc dans l’Etat de New-York qui s’étend au nord jusqu’à la frontière canadienne et à l’ouest jusqu’aux grands lacs et les chutes du Niagara. Soit un pays qui représente grosso modo un cinquième de la France.

Quand on passera en Pennsylvanie, d’ici quelques jours, on traversera une frontière avec un bâtiment et des pancartes pour nous accueillir, un autre drapeau local et des flics habillés dans une autre couleur… Idem, quand on se rendra dans le New Jersey où nous attend notre copine aux 36 chats. Je m’y prépare psychologiquement.


(drapeau de l'Etat de new-York)

Mais revenons à nos moutons , c'est-à-dire Manhattan qu’on confond le plus souvent avec la ville de New-York dont il ne constitue qu’une petite partie. Et si en plus de tout ça, vous pensez que c’est la capitale des Etats-Unis, alors vous avez tout faux. Car c’est Washington qui se trouve à 237 miles… soit 380 kilomètres.

Mais pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce qu’en voyage, l’évaluation des distances est très importante.
Lorsque j’ai préparé la visite de New-York, j’ai travaillé avec Google-earth sur un écran et le plan de la ville sur l’autre, en veillant à établir des parcours faciles à faire à pieds. En gros : le métro jusqu’au point de ralliement, puis le reste en tournant dans le coin.

Le débarcadère du Ferry se trouve à la pointe sud du j'aime les sous, j'en mange tous les jours District. L’embarcadère aussi, quelle coïncidence !
Quoi de plus logique dès lors que d’en profiter pour aller voir à quelques centaines de mètres, la fameuse Wall Street, puis de traverser Broadway Boulevard pour rejoindre ‘Ground Zéro’, là où se trouvaient les tours du World Trade center avant l’attentat du 11 novembre.

Et puis tant qu’on y est, faisons un petit arrêt à la Trinity Church un million de fois photographiée avec sa flèche gothique perdue au milieu des buildings.



Il fait très chaud, 90° fahrenheit ( hé hé, vous avez déjà oublié, hein ! Vous enlevez 30, divisez par deux et ajoutez 10%... soit 33° celcius ) et c’est en soupirant d’aise qu’on se glisse sous les arbres du petit cimetière qui entoure la chapelle.

- Tu te souviens du film « Le Trésor des Templiers » avec Nicholas Cage ?
- Ouai, c’était pas mal, enchaîne Poussin.
- Hé bien c’est ici qu’ils ont tourné la scène, quand il explore les salles sous la chapelle, à la recherche du pactole.

Je traverse la pelouse pour lire les noms inscrits sur les stèles, quand un aboiement claque dans mon dos ! C’est une fliquette cubique ( noire évidemment ) qui surgit de nulle part pour me rappeler qu’on ne marche que sur les sentiers en gravier.


(Wall Street) (Trinity Church)

(vidéo)
*******************************************************************************************

*******************************************************************************************

OK. Allons en face, dans Wall Street.

- C’est quoi cette Avenue, demande Juju en s’épongeant le front ?
- C’est le 'Monde des affaires', avec un grand, un immense M majuscule. C’est ici que se trouvent les trucs financiers dont on parle tous les jours à la télé : la Bourse, le New-York Stock Exchange, le Nasdaq, l’ AMEX etc… et les plus grosses banques de la planète.
- Donc, c’est ici qu’ils se sont plantés avec la crise ?
- Bingo.
- Et qu’est-ce qu’il y a voir ?
- Rien. Mais quand on va à New-York on passe au moins une seconde à Wall Street ? Ne serait-ce que pour se vanter d’y être passé. Genre : « Wall Street ? Oui, je connais…j’y suis allé. » Ca pose un homme.

(vidéo)
********************************************************************************************

********************************************************************************************

L’avenue est piétonnière, barrée par de gros blocs de béton et noire de monde. Rien que des mecs en costard trois pièces avec un G en guise d’oreille, une moyenne de dix agents de police au mètre carré et des touristes qui mitraillent dans toutes les directions. C’est tout ? ben oui, c’est tout.

Bon, Wall Street, c’est fait.

Va pour ‘Ground Zero’ ainsi nommé puisque tout a été rasé au niveau du sol.

Depuis le 11 novembre 2001, l’endroit est devenu un des sites les plus visités de Manhattan.

- Ah bon ? Et qu’est-ce qu’il y a voir ?
- Rien. Un énorme trou de deux cent mètre de côté sur lequel on ne peut même pas se pencher, puisqu’il est entouré de palissades.
- Ben pourquoi y aller alors ?
- Parce que quand on va à New-York, on passe au moins une seconde à Ground Zéro. Ne serait-ce que pour se vanter d’y être passé. Genre : « Ground Zéro ? Oui, je connais…j’y suis allé. » Ca pose un homme.

Et puis on peut imaginer. Il y a un musée dans lequel on vous montre le film de l’attentat, des vidéos prises par des particuliers, des photos etc… en fait des tas de trucs qu’ on a déjà vu et revu dix fois à la télé. Alors on est resté dehors ( dix euros fois trois ! ), mais n’empêche… dire qu’il y avait ici même deux tours de 420 mètres de hauteur et puis, plus rien !

- Tu te rends compte, explique Poussin en lisant le panneau à l’entrée. Il y a eu 3000 morts.
- Ben oui, c’est comme un second Pearl Harbor… c’est d’ailleurs ce qui a entraîné l’invasion de l’Afghanistan.
- Et qu’est-ce qu’ils vont mettre à la place, interroge Juju ?
- C’est expliqué avec des images sur la palissade… de nouvelles tours, encore plus hautes et un mémorial avec un jardin.
- Bon et si on rentrait. Y’a rien à voir, conclut mon rejeton avec laconisme. Et je commence à avoir faim.

La vie continue…

Et la suite aussi, un autre jour, si ça continue à vous amuser.


Avatar de l’utilisateur
LaHyenne
ourse verte
Messages : 8140
Enregistré le : sam. 08 mars 2003 - 01:58
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar LaHyenne » sam. 07 nov. 2009 - 02:03

Mais qui peut bien etre ce mysterieux invite ???

Invité
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Invité » ven. 13 nov. 2009 - 08:12

Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA (Nord-Est) - Ch 12

on top of the rock



Quand on se balade dans New-York on se promène, la tête en l’air… normal. Même qu’on se cogne plus facilement qu’à son tour sur la marée humaine qui envahit les rues. Puis on en vient à se demander à quoi ressemble la ville vu de haut. Toujours normal. Pour ce faire, ils ont construit en 1930, en pleine crise et en un an, jour pour jour, un gratte-ciel , qui resta longtemps le building le plus élevé de la planète. C’était l’époque où les ricains faisaient tout plus grand, même qu’on le transformait en blague du genre : ‘c’est un belge, un français et un américain qui…’

Ce mastodonte s’appelle ‘l’Empire State Building’ et est connu universellement. Il mesure 448 mètres, ce qui n’est plus du tout un exploit. En Chine, la moindre ville un peu commerçante à des tours de plus de 500 m et DubaÏ termine un building de 700 ! Mais bon… un demi kilomètre, ça suffit pour surplomber Manhattan.

Le problème c’est que pour grimper tout en haut, il faut faire la file pendant des heures et payer… tenez-vous bien… 20 dollars pour monter jusqu’au 86° étage et 15 dollars de plus pour accéder à la plate-forme du 102° ! Pas cons les mecs.

Bref, on se tâte… nous sommes dans la chambre à coucher de la Grosse Pomme et j’ai déployé les cartes autour de moi.

- Y’a une autre formule, dis-je à la fine équipe, en prenant l’air avisé du petit malin qu’a toujours un truc dans son sac.
- Et c’est quoi cette formule, enchaîne Poussin soupçonneuse ?
- Au lieu d’aller à l’Empire State machin, on va au Rockfeller Center… c’est tout près de l’hôtel, à peine moins haut , on ne fait pas la file et ça ne coûte que vingt dollars, tout compris.
- Comment tu sais ça ? ( encore plus soupçonneuse )
- Parce que je l’ai lu… Madaaaame… parce que je prépare les voyages, moi… Madaaaame…
Je fais l’important debout sur le lit, vu qu’à côté il n’y a pas de place.
- Et on voit tout aussi bien, poursuit Juju ?
- Tout à fait.
- Ben alors, pourquoi les gens vont-ils se faire embêter à l’Empire truc machin ?
- Parce que King Kong a grimpé dessus dans un film en noir et blanc, Mooosieur… et qu’il s’est battu avec des petits aéroplanes en s’accrochant à la flèche du building, Mooosieur. Mais ça c’ est pas de ta génération ! Seuls les anciens de la première guerre s’en souviennent.
- Non, non… je l’ai vu sur Youtube. C’était marrant.

Ce gosse m’étonnera toujours.

- Bon conclut Poussin. On se fait un petit café et on y va.

Vous commencez à nous connaître : ren-ta-bi-li-ser.



Petit topo pour commencer.

Le Rockfeller Center n’est pas ‘une tour’, mais une batterie de tours constituée de 21 buildings qui s’étirent sur plusieurs blocks. Entre la 5° et la 6° avenue et la 48° et la 51° rue. Le tout fait près de 10 hectares. Enfin… eux disent 25 acres. Car outre-pacifique aucune mesure n’a la logique scientifique de notre système métrique.

Prenez note, car ça comptera pour l’examen.

Notre bon vieux mètre, comme vous le savez, ( n’opinez pas de la tête, je suis presque certain que vous l’ignoriez ) correspond depuis la révolution française à la dix-millionième partie d'une moitié du méridien terrestre.
Quoi moi ? Ben oui, je le savais… la question ? Enfin… plus ou moins.

Quoiqu’il en soit, à partir de là tout s’enchaîne. Un litre d’eau est contenu dans un décimètre cube qui pèse un kilo, gèle à 0°, bout à 100 etc…

Ici, chez l’oncle Sam, c’est de la folie. Je me demande même comment ils font pour envoyer une fusée sur la Lune ou plus simplement calculer le temps que met une baignoire pour se vider, compte tenu du diamètre du tuyau d’évacuation.
Ainsi je mesure un peu moins de six pieds, pèse 150 livres ( quand j’aurai terminé mon régime ), et il y a environ 2 pintes dans ma bouteille de lait ! Et encore… non seulement je ne suis pas tout à fait certain de mes exemples, mais parait que ça change parfois avec la Grande-Bretagne.

Qu’est-ce que ça à voir avec le Rockfeller Center, me direz-vous ? Rien. Sinon qu’en demandant votre chemin à quelqu’un dans la rue, c’est comme ça qu’il vous répondra, avec des yards, des foot, et des inch. C’est vraiment déroutant.




Sur ces entre-faits, nous sommes arrivés devant la ‘bonne tour’ qu’on appelle encore ‘the top of the rock’ et au pied de laquelle se trouve une superbe place entourée de gradins ( on la transforme en patinoire en hiver ) avec des bancs, des bacs de fleurs, des sculptures, des parasols, des tables pour consommer et même manger un bout si vous le désirez. Le tout , devant une fontaine guillerette, surmontée d’un Promethée doré. Ca s'appelle 'Le Plaza'. Notez... 'Plaza'.

- Wouaw ! S’exclame ma douce et tendre. Faut absolument qu’on prenne un verre ici après la visite. C’est un vrai paradis.
- Ok réponds-je en jetant un regard furtif sur une carte de menu qui traîne sur une table… disons… que ça reste raisonnable.

On entre et constatons effectivement qu’il n’y a pas de file. A peine quelques mètres, pardon quelques pieds de touristes ( je suis content de celle là ), tout heureux de profiter de la clim du building dont l’entrée ressemble à un hall d’hôtel, avec un lustre en perles de vingt ou trente mètres de haut ( oui, oui, je sais des pieds ). C’est qu’i l faisait déjà 76° ( hé hé hé ??? ) lorsque nous avons quitté la grosse Pomme ce matin…

En revanche, toute l’armée de Dark Vador est là. Ils sont au moins six à protéger l’ascenseur, auquel on accède après une fouille en règle et un portique qui sonne évidemment à mon passage.

- Tes godasses, intervient Poussin.
- Ouai je sais… ce sont les boucles.

Et me voilà une nouvelle fois assis par terre à enlever ces chaussures de montagne. J’en profite pour sentir discretos… non. Ca schlingue pas. J’ai pris ma douche ce matin et changé de bas.

(video)
*****************************************************************************************

*****************************************************************************************

Alors ? Vaut la peine, vaut pas la peine ?

Vaut la peine, dix fois. La terrasse du 70ième étage est superbement aménagée, on est presqu’en face de l’Empire State Building et il y a des longues-vues pour les ceusses qui voudraient reluquer une bonne femme en petite tenue dans les tours en face.

Côté sud, on voit très bien Wall Street, la baie de l’Hudson et en cherchant bien, la statue de la Liberté. Côté Ouest c’est le fleuve qui longe le New Jersey et à l’horizon l’aérodrome de Newark dont décollent de gros Boeing. Au nord, l’immense rectangle vert de Central Park avec tout au fond Haarlem et enfin à l’est ( pour être complet, je suis complet ) l’East River avec les ponts qui mènent vers Queens et Brooklyn. On dirait que j’ ai vécu là toute ma vie.

Il fait bon là en haut, avec juste ce qu’il faut de vent pour nous rafraîchir. Du coup on est resté une bonne demie heure à glander et à vérifier avec le plan.

- Et maintenant, on va au Plaza, conclut ma-petite-chérie-que-j’aime-et-que-j’adore. J’ai faim !
Celle-là quand elle a repéré quelque chose, elle risque pas d’oublier.

(video)
*****************************************************************************************

*****************************************************************************************

La suite un autre jour, si ça continue à vous amuser .


Avatar de l’utilisateur
Bob Boutique
lapin invisible avec cape visible
Messages : 957
Enregistré le : mer. 18 juil. 2007 - 15:39
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Bob Boutique » ven. 20 nov. 2009 - 08:24

Maffia et autres chinoiseries..



Aux Etats-Unis tout le monde a une religion. Chrétienne, juive, musulmane, boudhiste… peu importe, mais une religion. Tout le monde croit donc en dieu et si vous n’y croyez pas, mieux vaut ne pas le crier sur tous les toits. Ce serait très mal vu et considéré comme une forme de déviation de l’esprit cachant, dieu sait, quelles vices et abominations.

J’exagère ? A peine.

Aux states, il est tout à fait normal de demander à quelqu’un dont on veut faire la connaissance combien il gagne et à quelle paroisse il appartient. En sachant qu’un protestant c’est mieux qu’un catholique, un catho mieux qu’un musulman etc… bref, on nage dans la connerie.

Plus : toutes les églises baptistes, évangélistes, calvinistes, de la croix du saint machin ou de la révélation du jour dernier ( la liste est inépuisable ) avec un seul commun dénominateur : le fric ( on en reparlera ). Car Outre-Atlantique 'faire pasteur' c' est encore un des meilleurs moyens de gagner sa vie, surtout si vous devenez prédicateur télé et terminez vos émissions avec un petit miracle en direct. Très apprécié.

Vous avez compris que je suis un mécréant de la pire espèce, un bouffeur de curés. Tranquillisez -vous, je me soigne et tout reste sous contrôle. Mes amis croyants me supportent tel quel, avec un petit soupir. Mais ça ne change rien à cette constatation de base . Sur ce continent, même à Manhattan, il y a des chapelles et églises partout, plus de 700 rien que dans le ghetto noir de Haarlem.

- Bon, c’est très bien. Merci pour le cours de sociologie, mais qu’est ce que tout ça a à voir avec votre ballade à New-York ?
- Hé bien, il se fait, cher ami lecteur ( et lectrice ) que, nous, en voyage ( et uniquement en voyage ) on entre dans toutes les églises. C’est comme ça. Il suffit qu’on voie une flèche gothique à l’horizon pour qu’on hâte le pas et pénètre dans la nef dallée du bâtiment.

Or nous nous trouvons à l’ instant même devant la cathédrale Saint-Patrick sur la 5° avenue, entre la 50° et la 51° rue avec un spectacle bien curieux.



Une limousine blanche de deux kilomètres de long stationne devant le parvis avec aux quatre coins, des malabards déguisés en agents du FBI. Costard sombre impec, escarpins vernis, la petite oreillette avec le fil en tire-bouchon et le micro épingle au revers de la boutonnière.

- On dirait un mariage, commente Poussin, l’œil brillant.
- Mouai… sûrement des gens importants !

On s’approche, l’air de rien. On suit la procession, l’air de rien. Je vidéote… l’air de rien et nous assistons à une véritable scène de film, genre ‘le mariage de la fille d’Al Capone’. Si c’est pas la maffia, c’est drôlement bien imité. Tout y est… les mines patibulaires, le bon goût sicilien, les vestes légèrement bombées par le holster, et les larmichettes du parrain qui emmène sa petite fille encore vierge à l’autel.

Tout ceci a l’air tellement vrai que je n’ose même pas prendre un mouchoir dans ma poche, de peur d’être abattu en esquissant le mouvement. C’est ça vivre dangereusement.

Les plus sceptiques d’entre vous diront que ce n’était peut-être que le boucher du coin. Moi, je dis que c‘est la maffia. De toute façon, personne ne pourra nous départager. Voyez la vidéo et laissez courir votre imagination. Vous ne rattraperez jamais la mienne.

(video)
*****************************************************************************************

*****************************************************************************************
Bon. Passons à autre chose. Je n’ai pas trouvé d’autre enchaînement. Quand on ne voit pas, le mieux c’est de rester simple.

Manhattan est composé d’une foule de quartiers tous aussi célèbres les uns que les autres. Le cinéma y est pour beaucoup, mais c’est vrai qu’ils ont chacun une couleur particulière. Chelsea, Greenwich village, Soho, Brooklyn, La City, Time Square… impossible de les visiter, ni même de les parcourir tous. Il faut faire un choix. Ce que j’ai fait une nouvelle fois avec la carte et Google Earth, en tenant compte de trois éléments :



Un, essayer de ne pas marcher des kilomètres.
Deux, aller dans des endroits spectaculaires ou connus. Rentabiliser.
Trois, s’arranger pour que cela remplisse la journée de façon cool et agréable.

China Town et Little Italy répondent à ces critères. On passe de l’un à l’autre au sein d’un même périmètre coincé entre Bowery et Broadway Boulevard, on y accède par le métro en quelques minutes et le dépaysement est garanti.

- On va voir des chinois, demande Juju, vaguement intéressé
- 200 à 300.000…
- Des vrais chinois, comme en Chine ?
- Ben, des chinois-américains, des américains-chinois et probablement aussi pas mal de chinois-chinois arrivés dans des containers et vivant là le plus illégalement du monde.

Et de fait ça grouille. A peine sorti du subway, on a l’impression de s’être trompé de film. « Pardon Monsieur, New-York c’est dans quelle salle ? »

La foule fait une moyenne de 50 cm de hauteur en moins (ça m’arrange, du coup je suis grand) et piétine sur des trottoirs d’autant plus étroits que les boutiques débordent comme si leurs étals s’étaient écroulés sur la rue. On avance en crawl et je me retourne toutes les cinq secondes pour ne pas perdre ma troupe de vue.

Ca y est, ils ont disparus !

Je retourne sur mes pas en luttant des bras et les découvre dans une herboristerie vieille et ridée comme son propriétaire, en train de comparer des thés et autres plantes aromatiques. Soupir. Je les connais, ils en ont pour des heures…

Du coup je flâne aux alentours, fort intéressé par les poissons frais rangés comme des sardines (c’est une expression) sur un lit de neige glacée, des trucs brillants qui bougent dans des caisses en bois et d’autres bestioles encore plus répugnantes qui se tortillent au bout d’ esses en fer. Et dire que ça se mange.

Quand je reviens à la boutique, deux semaines plus tard, ils sont toujours en train d’effeuiller, manipuler, humer, analyser, étudier… Si je divorce un jour de ma petite-chérie-que j’adore etc… ce sera pour cette raison. Mais bon, y’a pas urgence. On en reparlera d’ici vingt ans.

Et puis, il y a Columbus Park. Notez, notez… Columbus Park.



Là c’est moi qui traîne. C’est bien simple, il n’y a plus moyen de me décoller. Un, devant des chinois plus vrais que nature, qui interprètent un opéra du crû. On dirait des chats qui s’appellent la nuit pour… bon, vous savez de quoi je
parle.

Deux, devant de vieilles antiquités chinoises qui jouent au mah-jong en fumant des cigares !

Trois, d’autres chinois encore qui font des arts martiaux bizarres comme on en voit dans les films de karaté. Lorsque le jeune héros écervelé s’adresse au Maître qui commence par lui flanquer une fessée avant de lui enseigner la patience.

Je vidéote longuement, en cherchant des angles originaux, en effaçant pour recommencer une meilleure prise, bref en prenant tout mon temps. Pendant que Poussin attend à l’entrée du parc, en se tenant le ventre parce qu’elle doit faire pipi, crève de faim et brûle d’envie d’aller manger avec des baguettes au resto chinois du coin.

Vengeance mesquine ? Si un jour elle me quitte, ce sera pour ça… Mais bon, c’est pas par tout de suite. On en reparlera dans vingt ans !

En attendant, vu le temps passé derrière ma caméra, voici deux vidéos pour le prix d'une autre. profitez-en c'est une promo !

*****************************************************************************************

*****************************************************************************************

*****************************************************************************************

*****************************************************************************************

La suite, un autre jour, si ça continue à vous amuser.


Avatar de l’utilisateur
Bob Boutique
lapin invisible avec cape visible
Messages : 957
Enregistré le : mer. 18 juil. 2007 - 15:39
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Bob Boutique » jeu. 26 nov. 2009 - 18:25

Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA (Nord-Est) - Ch 14

La journée de put... de bor... de mer...



Little Italy.

Je vous ai dit que c’était dans le prolongement de China Town. En fait vous remontez pendant un mile vers le nord et puis soudain il y a un croisement. C’est là. Comme si on changeait de film. Une grande banderole de fleurs rouges, blanches et vertes barre la chaussée et annonce fièrement que vous êtes arrivés.

Et tout change. La musique ambiante qui devient quasi napolitaine, l’artère qui devient piétonnière, bordée de part et d’autres de restos plus vrais que nature, avec des tables rangées à même le trottoir, recouvertes de nappes immaculées, des flacons de chianti et des serveurs en longs tablier blanc et cheveux gominés qui vous interpellent comme des rabatteurs de boîtes de nuit.

Ca me fait penser au vieux film de John Houston ‘Moulin Rouge’ dans lequel le réalisateur décrivait un Paris de carton pâte avec des peintres qui courraient en béret dans Pigalle, des toiles de la Tour Eiffel sous le bras.



C’est l’Italie ( pas moyen de se tromper ). Mais comme les fresques grossières et tape à l’œil qu’on voit dans les restos italiens. Tout est faux. Un décor d’opérette à la Luis Mariano. Je suis convaincu qu’ils auraient construit un petit canal avec une gondole venitienne et un petit Stromboli sur un toit s’ils l’avaient pu.

Ah ça ! Le quartier devait avoir une toute autre allure en 1930, au temps de l’immigration clandestine, de la grande dépression et d’Al Capone. A l’époque où les maffiosi se disputaient la rue avec les irlandais et les juifs !
Mais soit. Puisque c’est dans le prolongement de China Town et qu’il faut quand même passer devant pour rejoindre le métro ! Autant profiter de ce parc Disney.

Ah oui… un petit conseil. Si vous avez faim, mangez plutôt chez les chintoques. C’est deux fois moins cher.

****
Harlem.

J’suis pas de bonne humeur. Pas envie de cliqueter sur ce clavier ou alors avec les poings. K,,k,,k :;:,c ;:, dwlfdl ;fg…
C’est que je vais devoir vous parler de mon jour ‘usa’ de put… de bor… de mer.. ! Il y en a toujours un dans un voyage. J’explique.



J’avais prévu pour notre dernière journée à New-York, un saut à Harlem, le quartier noir et je m’étais même arrangé pour que ce soit un dimanche… histoire d’assister à une messe avec des chants gospel. Vous savez les grosses mémés en perruque, déguisées en prêtres, qui chantent comme les Platters en tanguant de gauche à droite et puis de droite à gauche. Ben oui ! Sinon elles tomberaient.

Puis je m’étais dit en étudiant le tracé sur la carte qu’on était à deux pas de Central Park et que ce serait balaize de louer des vélos puis d’en faire le tour ( non, pas du vélo, bananes… du parc ). Franchement, c’était pas une idée qu’elle était bonne ?

Hé bien ça ne s’est pas du tout passé comme ça. Je raconte.

Primo, il n’y a pas comme à China Town un centre propre à Harlem. Les guides vous envoient du côté de Mount Morris Park, mais là ou ailleurs… ce ne sont que de grandes avenues interminables avec des immeubles hideux en brownstones ( des pierres brunes) recouverts d’escaliers de secours. On dirait que chaque maison porte un appareil orthodontique. Et ça continue ainsi grosso modo de la 100° à la 150° rue. C’est dire s’il faut marcher !




Deuzio, le temps est lui aussi de mauvaise humeur et il commence à pleuviner, puis à pleuvoir, puis à tomber des hallebardes… on se croirait en Belgique. C’est bien la peine.

- Pourquoi Harlem porte t-il un nom flamand, demande Juju qui a fait ses primaires en néérlandais ?
- Parce que tout a démarré au 17° siècle avec un minuscule village auquel les immigrants hollandais donnèrent le nom de leur patelin d’origine Haarlem, près d’Amsterdam.
- Et ils sont où ces hollandais ? On ne voit que des noirs dans la rue.
- Disparus, depuis bien longtemps et remplacés petit à petit par des populations d’origine africaines, les seules prêtes à louer si bon marché ces baraques qui tombent en ruines.



Troizio, on arrive enfin ( après 15 blocks ) devant notre église, la Mount Neboh Baptist Church , mais on peut pas entrer. Un service d’ordre de noirs déguisés en costume de mariage nous barre le porche. Le spectacle ne commence que dans trente minutes.

- Mais on peut quand même aller prier, non ?
- No Sir, at eleven o’clock. Not before.
- Ben et toutes ces bobonnes à grands chapeaux et robes du dimanche qui pénètrent dans la nef ? On dirait autant de reines d’ Angleterre noires, vêtues de blanc ?
- Ce sont des paroissiennes Sir. On entre pas. Wait !
- Mais il pleut !
- Wait !
- On pourra au moins filmer j’espère ?
- No Sir, pas de photos, pas de vidéo…

Grrrrrrrrrr…

D’autres ‘blancs’ arrivent entretemps et viennent se ranger dans la file. On est vingt. Des suédois, des italiens, une famille de yids et trois belges ( devinez !)

Et puis le coup de massue !

Trois cars apparaissent à l’horizon et viennent se ranger le long du parvis. Bourrés jusqu’à la porte des toilettes de touristes prêts à l’assaut. L’ horreur. En descend un genre animateur club-Méditerranée qui rejoint le pingouin qui monte la garde en haut des marches et se met à rigoler avec lui en lui tapotant le ventre.

Puis… je vous jure sur la tête de la sainte Vierge des sept douleurs que c’est la vérité vraie… il lui remet une enveloppe, siffle dans les doigts et les trois bataillons de pèlerins débarquent, petits retraités en chemise hawaienne et mémés aux cheveux bleus et lunettes roses, et … passent devant nous.

Je fonce furibard sur le sacristain, qui se met à hurler des trucs incompréhensibles et appelle le bedeau, son Emminence et l’archiprêtre qui prêche au couvent à l’aide.

- We were the first , lui dis-je avec de grands gestes comme si j’essayais de chasser un moustique…

Rien n’y fait. On doit waiter, puis entrer dans l’église après la procession (cinq dollars par personne) avec obligation de monter comme les autres au balcon où il ne reste plus que les mauvaises places. Ben voyons.

****

Je vous demande maintenant une seconde d’attention ! Et un peu d’imagination puisque je n’ai pas pu videoter, même en catimini. Ben oui… les mecs m’avaient à l’œil après tout ce ramdam.

Dans la nef de l’église, une centaine de paroissiens endimanchés. Tous noirs. Sur les balcons, deux cent voyeurs. Tous blancs, avec ‘connard’ écrit sur le front (moi aussi évidemment). Vous avez bien lu… les noirs en bas, les blancs en haut. Et Jésus ? Je ne sais pas, dans ces chapelles protestantes, y’a pas de christ en croix. Mais si je me souviens bien et pour autant qu’il ait réellement existé, il était palestinien… donc brun. La messe peut commencer.

Une espèce de Ray Charles s’assied derrière un orgue et à la première note, j’ai l’impression que le chœur explose. Le mec à piqué les baffles des Stones ! La suite croît encore en intensité, avec une explosion atomique lorsque trois choristes éléphantesques en chasuble de soie bleu pétrole se mettent à chanter la gloire du Seigneur tandis que leurs micros se plient de peur.

Bon, c’est pas mal question voix. Mais il est clair que la puissance domine largement la qualité et puis, c’est rigolo… car elles se dandinent en cadence et frappent dans les mains avec l’assistance où quelques grand-mères se dressent et commencent à lever les bras au ciel. Etait ce prévu dans le casting ou ont-elles fumé un joint ? Je n’en sais toujours rien.

Hé ho… c’est pas fini. Le pire reste à venir !

La vedette dominicale entre alors en scène dans une sorte de costume blanc, style Elvis Presley à Hawaï. C’est le pasteur. Un grand noir au crâne rasé, la belle quarantaine, bâti comme un joueur de basket, avec des dents comme des touches de piano ( sans les noires bien sûr ). Il est entouré de quatre vestales en surplis immaculés, un peu moins grosses que les quatre Miss Dominique qui continuent à s’époumoner sur la scène, et prend place sur une espèce de trône, face à son bon peuple. Parmi d’autres costards noirs, plus âgés, qui sont, je suppose les boss de la paroisse.

Croyez-moi ou non, mais le mec claque en rythme dans les doigts, discute en riant à gauche et à droite avec ses copains, fais signe qu’on lui apporte à boire, on dirait de la limonade, et se met même à téléphoner tranquillos… tout ça pendant qu’autour de lui c’est le déchaînement intégral. Car une vingtaine d’otaries en surplis turquoise viennent de grimper sur une estrade surélevée et se lancent à leur tour dans la bagarre.

Bon diou, de bon diou ! Quel vacarme. Ca swingue comme un volcan. Je suis certain qu’on pourrait lancer les cloches à toute volée, sans que personne ne le remarque. Dans les balcons, les touristes dansent sur leur derrière comme à l’ Olympia… Et le pasteur qui continue à papoter dans son gsm, comme si de rien n’était. Ah ça, je m’en souviendrai.

Mais ne vous levez pas… ça n’a pas sonné, ce n’est pas encore fini !

Le pire reste à venir !

La sono s’arrête brusquement ( ils ont fait péter les plombs ? ) et voila que Superman se redresse, s’approche d’un micro et se lance dans son homélie. Croyez-moi ou non, mais je vous jure sur la tête de l’immaculée conception de l’enfant-roi, qu’il n’a parlé pendant vingt minutes que de fric, de fric et encore de fric. La paroisse à besoin d’argent, il faut réparer ceci, il faut remplacer cela… ponctuant chaque phrase d’un ‘hey man’ bien senti, repris en chœur par l’assistance.

- J’ai besoin d’une nouvelle bague… celle-ci commence à faire ringard,
‘ hey man !’
- L’assistance : ‘hey man !’
- Démerdez-vous, mais il me faut cinq mille dollars dans les quinze jours, ‘hey man !’.
- L’assistance : ‘hey man !’.

Etc…

On sort avant la fin du show, dégoûtés. Il pleut comme vache qui pisse ! On peut oublier Central Park. Ce sera pour un autre voyage, car demain on quitte New-York pour le nord.

C’était vraiment la journée de p… de b… de m…

Puis, comme il est presque midi, on se rend dans un petit boui boui végétarien mentionné par le Guide du Routard : le Strictly roots. Un resto qui ne paie pas de mine, mais que je vous recommande. Sympa en diable, bon marché, succulent dont la devise est : ‘we serve nothing that crawls, swims, walks or flies’. Je traduis d’un air important, pour ma petite troupe…

- Marrant quand même ce pasteur qui répètait ‘hey man !’ toutes les dix secondes, dis-je en avalant mes légumes. Comme un chanteur de rock.
- Mais voyons Pa, intervient Juju l’air consterné ! Tu n’y es pas du tout. Il disait ‘Amen’ !

Hum !

Soit. Si vous allez un jour à Harlem, ne faites pas comme nous. Trouvez-vous une toute petite chapelle inconnue, dans un quartier perdu, avec des vrais fidèles. Si ça existe.
(vidéo)
*****************************************************************************************

*****************************************************************************************

La suite un autre jour, si ça continue à vous amuser.


Avatar de l’utilisateur
Bob Boutique
lapin invisible avec cape visible
Messages : 957
Enregistré le : mer. 18 juil. 2007 - 15:39
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Bob Boutique » ven. 04 déc. 2009 - 07:37

Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA (Nord-Est) - Ch 15

C’est quoi ça ? Rien… des belges, je crois !



Cassez vous les filles, aujourd’hui on va parler bagnole ! Moteurs, circulation, orientation… bref des trucs trop compliqués pour de simples bonnes femmes. J’exagère ? C’est mon côté machiste qui reprend le dessus ? A peine.

Prenons un exemple marquant, incontestable, pathétique : mon Poussin avec une carte routière dans les mains.

Un, commençons par la remettre à l’endroit ( la carte routière bien sûr ). C’est vrai que c’est plein de petits chiffres, de signes, de tracés et de taches de couleurs, mais c ’est pas une raison pour la lire à l’envers.

Deux, essayons de lui expliquer que le nord est au dessus de la carte, même si vous faites un tour sur vous-même ! Je reconnais que ça devient plus duraille.

Trois, donnez lui une boussole… elle court comme une folle dans tous les sens ( mon Poussin bien sûr), car cette foutue aiguille n’arrête pas de trembloter.

Bref, tout ceci pour vous expliquer qu’en voyage d’exploration, c’est toujours elle qui conduit ( très bien d’ailleurs ) et moi, qui suis le co-pilote. Et même le pilote tout court, l’homme de la situation.

****

C’est que ce matin on quitte New-York pour le nord, près de la frontière canadienne. On s’est levé aux alentours de 8 heures , on a déjeuné (petit-déjeuner pour les français) pour la dernière fois dans la kitchenette de la ‘Grosse Pomme’, fait nos bagages puis on est parti à pattes en traînant le tout derrière nous sur les roulettes, dans un bruit d’enfer. La classe.

On aurait pu prendre un taxi pour rejoindre le garage de location de voitures, comme le proposait mon fainéant de fils, mais vous nous connaissez… pourquoi déboursez trente ou quarante dollars, lorsque l’endroit où nous devons nous rendre ne se trouve qu’à quelques blocks de l’hôtel, dans la 50° rue east. Donc à droite, côté East-river. Je ne vous explique plus… vous connaissez maintenant Manhattan comme votre poche !

Soudain Poussin s’arrête en plein milieu du trottoir, le visage pâle et me demande :

- Je pense à quelque chose ! Où dort-on ce soir ?
- A Lake Placid, je ne me souviens plus du nom de l’hôtel, mais…
- Non, c’est pas ça, peu importe… mais tu t’étais trompé de date à New-York pour ta réservation…
- Oui, mais on va pas remettre ça sur le tapis…( ici en pleine rue au milieu de deux rangées de piétons qui nous contournent de part et d’autre avec des regards étonnés, pour ne pas dire plus… )
- Non… mais réfléchis… si tu as décalé d’un jour en arrivant… peut-être que… (Oh que je n’aime pas ça !)… peut-être que tu as fait de même pour tout le périple ?
- ….

Regard hébété et bruits d’engrenage dans mon cerveau. Puis la question Qui tue !

- Tu as vérifié ?
- Ben… non !
- Bon, on y va ! intervient Juju qui n’a pas suivi le fil de cette intéressante discussion et fait front à la foule matinale qui s’ouvre comme l’eau de la Mer Rouge devant Moïse, dix pas devant nous.
- Attends, lui explique Poussin. Si ça tombe, on aura même pas de chambre ce soir !
- Quoi ?

Là mon rejeton revient en quatrième vitesse, un doute infinitésimal au fond des yeux. Avec le paternel, on n’est jamais sûr de rien…

J’enlève mon sac à dos , le dépose sur le sol et me mets à le triturer à la recherche de mon dossier vert ( pourquoi vert, parce que etc… ) et trouve enfin le planning.

- Quel jour sommes-nous ?
- Lundi 3 aout, répond Juju. Ce genre de choses, il connait toujours pile poil !
- Là… Lake Placid… Pines Inn hostel… le…
- Le…. Insistent en chœur, la voix chevrotante, le reste de la troupe ?
- Le… 3 aout.
-
Ouf ! On se regarde soulagés. Moi surtout… imaginez la suite, si je m’étais trompé une nouvelle fois.

- Bon, c’est pas tout ça enchaîne ma petite-chérie-que-j’aime-et-que-j’adore. On a rendez-vous dans un quart d’heure.

Et la procession redémarre, à la queue-leu-leu, chacun tirant sa valise ou son sac avec le bruit des roulettes sur le pavé. C’est rien, vous alarmez pas… ce sont des belges !

Mais avouez que je vous ai bien eu ! Quel suspense… ‘Millénium’ à côté de ça, c’est ‘Le petit chaperon rouge’. Quel talent ! Mais quel talent !

****



Supposons que vous voulussiez ( subjonctif imparfait du discours indirect ) vous rendre à Venise pour faire trempette… qu’est-ce que vous faites sur l’ autoroute une fois ? Vous regardez les plaques… Paris… Dijon… Nice… Italie etc…

Hé bien aux Etats-Unis, ça ne marche pas comme ça. On n’affiche pratiquement jamais les noms des villes, mais les numéros des routes. Deux chiffres pour les grandes voies et trois pour les secondaires. Plus l’orientation : north, west, east and south. Quant aux sorties, elles portent généralement le numéro du kilométrage parcouru.
Ainsi, pour prendre un exemple, les sorties entre Philadelphie et Washington se succèdent avec les numéros 164, 162, 109… 100. A la sortie 20, vous savez que vous êtes presqu’arrivés, puisqu’il vous reste 20 miles à faire.

Les routes sont très bonnes, l’essence bon marché , environ 3.50 dollars le galon soit moins d’un euro le litre et il n’y a pratiquement jamais de payage. Du coup tous les amerloques roulent avec des tanks aux moteurs surgonflés, vu qu’ils ne peuvent pas dépasser le 110 kms/heure. Vive l’écologie.

****

Sur ces entrefaites, le temps de vous débiter mon petit laïus, nous sommes arrivés couverts de transpiration ( il fait déjà près de 86° fahrenheit… hé hé hé !) devant le garage de Mr Alamo où nous attend la grosse demoiselle à quatre portes qui va nous trimballer à travers les states. Elle s’appelle Corolla et est toute jeunette, à peine 6000 miles au compteur.



- Mais… il manque une pédale s’écrie mon Poussin en prenant place sur le siège conducteur !
- Normal, c’est une automatique. Ici elles le sont toutes.
- Ah ! Et comment on fait ?
- On appuie et ça avance. Tu retires le pied, elle freine. Plus simple tu meurs.
- Et l’autre pédale alors.
- Ca c’est le vrai frein. Tu pousses et on vole tous dans le pare-brise.

Elle actionne prudemment le changement de vitesse qui indique N (neutral) pour le point mort, D (drive) pour rouler et R (reverse) pour la marche arrière. On se demande à quoi sert un permis de conduire.

- Ben qu’ est-ce que je fais avec ma jambe gauche alors ?
- Tu le dévisses et la pose sur le siège arrière, sinon t’auras des fourmis dans les doigts de pied durant tout le voyage.

Bon, tout est prêt. On a tourné autour de la bagnole avec le responsable pour noter les petits accrocs. Juju a tout rangé dans un coffre assez grand pour y mettre une salle de bain. Y’a la clim, la radio, elles est propre sur elle… PARFAIT.

Ah, une dernière chose. Notez, notez…

Sans Visa ou les amerloque sont trop pressés, n’espérez même pas louer une voiture en modèle réduit. Ici, chez l’oncle Sam, sortir sans sa petite carte, c’est comme se balader sans pantalon. Suspect, très suspect, suspectissime. Donc rien du tout.

- Allez Poussin, démarre... Mais non ! Pas comme ça… ( la voiture vient de faire un bond en avant et Juju se retrouve presque dans mes bras )… doucement… position D.
- Mais j’ai presque pas appuyé. Si tu crois que c’est facile…
- Vas-y mollo… tu verras, dans dix minutes tu sloweras dans la circulation, les doigts dans le nez.
- M’énerve pas ! Position N, point mort… je pousse tout doucement la manette sur D et… j’appuie.
-
Mademoiselle Corolla fait deux mètres, pardon deux yards, et calle une nouvelle fois, juste à l’entrée de la 50° rue east, que trois millions de camions et de taxis jaunes traversent à toute vitesse.

Le mec du garage nous regarde attèré. Je lui fais un petit signe d’apaisement, ça va bien se passer.

- C’est quoi ça, demande t-il à un collègue ?
- Rien… des belges, je crois !

(vidéo)
*****************************************************************************************

*****************************************************************************************



La suite un autre jour, si ça continue à vous amuser.

http://www.bandbsa.be/contes.htm

Avatar de l’utilisateur
biskott
ourse verte
Messages : 5297
Enregistré le : dim. 15 sept. 2002 - 17:52
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar biskott » ven. 04 déc. 2009 - 19:40

Ah oui, continu, c'est un plaisir à lire :)

Avatar de l’utilisateur
Ababakar
archevêque étoilé du lapin
Messages : 329
Enregistré le : jeu. 05 janv. 2006 - 17:16
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Ababakar » sam. 05 déc. 2009 - 17:33

oui, c'est cool !


( mais j'espere que vous avez pas pris d'auto-stoppeurs apres :| )
( ah et le metre n'est plus defini par rapport à la longueur d'un meridien terrestre mais par rapport à la distance parcourue par la lumiere en en gros un 300 000 000 eme de seconde)

Avatar de l’utilisateur
Bob Boutique
lapin invisible avec cape visible
Messages : 957
Enregistré le : mer. 18 juil. 2007 - 15:39
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Bob Boutique » sam. 05 déc. 2009 - 18:44

Tu as raison Ababa, mais j'ai voulu faire simple... s'il faut commencer à expliquer la relativité restreinte dans cette aventure, surtout à Poussin qui s'en fout comme de l'an quarante. Pour elle, un mètre ça fait... environ ça (elle montre les mains écartées).

En fait, ils ont pris la lumière en référence, parce que sa vitesse serait constante dans tout l'univers... enfin, si la théorie ne change pas.

gordon
touriste confirmé
Messages : 31
Enregistré le : lun. 13 avr. 2009 - 19:29
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar gordon » sam. 05 déc. 2009 - 20:45

Bon ben la suite au lieu de placoter !

Avatar de l’utilisateur
Bob Boutique
lapin invisible avec cape visible
Messages : 957
Enregistré le : mer. 18 juil. 2007 - 15:39
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Bob Boutique » ven. 11 déc. 2009 - 07:57

Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA (Nord-Est) - Ch 16

Le sourire américain.



On roule… enfin, pour être plus exact, on fait du sur place derrière un énorme truck qu’environne un joli nuage de mazout aux reflets mordorés et ce, depuis cinq minutes. Il est dix heures.

J’avais calculé qu’il nous faudrait environ six heures pour parcourir les 300 miles (480 kms) qui nous séparent de Lake Placid, près de la frontière canadienne. Mais nous avançons au pas et n’avons pas encore quitté Manhattan. En fait, on tourne en rond à la recherche du pont de la 3° avenue qui doit nous permettre de quitter l’île et rejoindre la 87 north qui monte vers Albany. On a déjà raté deux fois la bonne sortie et je commence à m’agiter sur le siège passager.

Bref, il est onze heure passée, lorsque nous atteignons enfin la grande banlieue new-yorkaise qui est franchement laide. On dirait le Borinage, les terrils de charbon en moins. La highway surplombe de vingt mètres de hauteur un paysage mort d’usines grises et de quartiers désaffectés où dominent le béton et des parkings à perte de vue. Je ne suis même pas sûr d’être sur la bonne route et pas un humain sur pattes en vue… rien que des 4x4 aux vitres teintées ou des camions qui s’enfuient dès qu’on fait mine de vouloir leur parler.

Ce n’est que vers midi que nous apercevons enfin notre premier panneau 87 north indiquant que nous nous dirigeons vers Albany et Montréal. Nous sommes à… vingt kilomètres du garage Alamo, mais on commence enfin à voir un peu de verdure…



Mais qu’allez-vous faire à Lake Placid ? Et d’ abord, c’est quoi ce truc ?

J’explique.

J’avais envie de faire un saut dans les Adirondack, une réserve naturelle de toute beauté dont parlait le journal Mickey, quand j’étais gosse. Si vous vous souvenez bien, c’est là que les petits castors, Riri, Fifi et Loulou se rendaient en vacances. Chez leur oncle Donald Duck qui n’en ratait pas une pour se mettre dans des situations impossibles.

Bref, je me demandais si cet endroit existait vraiment. Hé bien oui, c’est dans les Appalaches, une chaîne montagneuse qui s’étend de Terre-Neuve jusqu’au sud de la Pennsylvanie. Quand je dis ‘chaîne montagneuse’, comprenez plutôt un enchaînement de monts et vaux, un peu comme dans les Ardennes, avec des pics rocheux qui atteignent au grand max les deux milles mètres… mais c’est plein de lacs et de forêts et les yuppies de New-York, Boston etc… vont là-bas pour chasser, pêcher, faire du kayak, des balades, du camping et tous les sports d’hiver quand c’est la saison.



- Et c’est quoi Lake Placid demande Juju, alors que Mademoiselle Corolla commence enfin à rouler sur une route dégagée.
- Un gros village.
- Et on va aussi loin pour voir un ‘gros village’ ?
- Ouai ! Sauf que c’est dans ce bled qu’on a organisé à deux reprises les jeux olympiques d’hiver, en 1932 et plus récemment en 1980. Et puis je commençais à en avoir un peu marre des gratte-ciels.

Poussin met la radio et une musique country remplit l’habitacle. Vous connaissez... la voix nasillarde et flemmarde du cow-boy mal rasé qui s’endort sur son banjo. On se met à rythmer en claquant dans les doigts. Sauf Juju dont le choix s’est arrêté une fois pour toute sur les cornemuses écossaises… et je vous jure que je n’invente rien. Cet enfant est le clou de mon cercueil.

Le paysage change. Les sapins commencent à grimper partout. Ca tombe bien, on est à deux pas du Vermont, dont le nom vient des immigrants français qui s’y implantèrent au 17° siècle en, bousculant un peu beaucoup les iroquois qui y vivaient…



Les cités deviennent des bourgades, les buildings des maisons en bois, la chaussée se met à serpenter dans tous les sens et on commence même à voir des panneaux signalant que des rennes peuvent traverser en dehors des clous…



Puis des forêts de pins, avec de temps à autre, les reflets brillants d’un lac qui traversent les branchages. On est ravis. Ah ! Ca nous change de Manhattan… même les noms des bourgs traversés résonnent comme des génériques de films western : Glenns Falls, Saranac Lake, Tioga Point… on appproche, car on croise de plus en plus de grosses Chevrolets, Dodge et Jeep de chasseurs ou garde-forestiers.

Et enfin Lake Placid.



- Ben c’est vrai que ça ressemble à un gros village commente Poussin en longeant un des deux lacs à la recherche de notre Pines Inn Hostel.

Je cherche l’adresse sur le carte de l’office de tourisme, lorsque Juju s’écrie :

- Là… tu viens de passer devant… à gauche, on dirait une école, avec des drapeaux et un grand parking. J’espère que ce n’est pas une auberge de jeunesse avec des lits superposés ?
- Sûrement pas, c’est un hôtel.
- Cher ? (Poussin naturellement )
- Même pas, une centaine de dollars (taxes included)… pour trois.
- Alors, ce seront des lits superposés… se lamente Juju.
- Bon, on se calme. On range la voiture, on sort les bagages et on va voir Jill.
- C’est qui ça ?
- Jill, c’est ma copine, la bonne femme avec qui j’échangeais mes mails. Elle a l’air très cool.

En fait elle ressemble à Gretchen le chienne des SS. Pas du tout ce que j’imaginais. Grande, sévère, charpentée comme une lanceuse de poids, elle nous accueille avec le classique sourire « américain ».

Je ré-explique.

Les américains indo-européens (c’est curieux mais dans cette région, on ne voit pas un seul noir. Durant tout notre séjour, pas un seul ! Même pas un petit asiatique. On est tombé dans un nid d’indos).

Je reprends… les américains indo-européens reçoivent tous à leur naissance une rangée de dents blanches et un sourire standard. Je suppose qu’il s’agit d’un kit, car ils ont tous le même.

Une sorte de musculation qui ne veut pas dire ‘bonjour’, ‘comment allez-vous’ ou ‘comme c’est gentil d’être venu’, mais… ‘combien ?’. Un sourire US à l’arrivée : ‘Combien de temps restez-vous’… ‘avez-vous votre carte visa ?’ Un autre (le même) à la sortie. ‘You’re welcome’… ‘N’oubliez pas de nous recommander’. C’est bien simple, elle est si comme il faut que je n’ai pas osé la filmer !

En résumé, elle récite par coeur un petit speech avec les règles de la maison, comme une air-hôtesse qui vous explique où se trouve la porte de secours, des fois que l’avion piquerait du nez. Elle nous donne le numéro de la chambre, la clé… puis nous tourne le dos pour retourner à des occupations autrement plus importantes.

Bref, on ne peut pas vraiment parler de chaleur, mais en revanche tout est clair et clean. Le prix est correct, la chambre impeccable, la salle d’eau rutilante comme une salle d’expo… rien à redire. Juju est content. Il pourra se balader en slip sans tomber sur un étranger. De toute façon, le bâtiment semble com-plè-te-ment vide. Il doit contenir une trentaine de chambres et tout est désert. On n' entend pas le moindre bruit. Un vrai mystère ?

- C’est pas tout ça décide Poussin qui a déjà tout rangé dans les armoires. J’ai vu un twenty-four hours dans le centre. Il faut qu’on fasse des courses, j’ai plus grand-chose pour ce soir…

Ben oui, on a tellement roulé qu’on a même pas pris la peine de bequetter à midi. Et comme il est un peu tard pour se trouver un snack, il fait presque noir, on se fera des tartines avec du fromage en tranches, du saucisson et un nescafé ou une bouteille d’eau.

- On s’installera sur la terrasse. Y’a tout ce qu’il faut… j’ai même vu un four à micro-ondes.

Vous avez noté. Elle n’a pas dit ‘je propose que…’.

C’est donc qu’on a juste le droit de la fermer. C’est comme ça la vie d’aventurier… à la dure. Pour des vrais mecs, des burinés, des qui causent avec une voix rauque et arborent un chapeau cow-boy et un grand fouet comme Indiana Jones.

(vidéo)
*******************************************************************************

*******************************************************************************

La suite un autre jour, si ça continue à vous amuser.


Avatar de l’utilisateur
LaHyenne
ourse verte
Messages : 8140
Enregistré le : sam. 08 mars 2003 - 01:58
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar LaHyenne » lun. 14 déc. 2009 - 03:10

Haaaa le magic sourire !

Ca s'invente pas, ca se vit hein...

Avatar de l’utilisateur
biskott
ourse verte
Messages : 5297
Enregistré le : dim. 15 sept. 2002 - 17:52
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar biskott » lun. 14 déc. 2009 - 13:10

C'est tout vu !


(De la forme passé de vit, parce que la hyenne il fait des jeux de mots sans le savoir)

Avatar de l’utilisateur
LaHyenne
ourse verte
Messages : 8140
Enregistré le : sam. 08 mars 2003 - 01:58
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar LaHyenne » mer. 16 déc. 2009 - 19:03

Haha que tu crois

Avatar de l’utilisateur
Bob Boutique
lapin invisible avec cape visible
Messages : 957
Enregistré le : mer. 18 juil. 2007 - 15:39
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Bob Boutique » jeu. 17 déc. 2009 - 09:00

Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA (Nord-Est) - Ch 17

Shining !



Je ne sais pas trop comment entamer ce chapitre, car vous n’allez jamais me croire ! Vous avez certainement déjà vu ‘Shining’, ce film d’horreur de Kubrick dans lequel une famille de trois personnes s’installe pour l’hiver dans un palace des Montagnes Rocheuses complètement vide et isolé par la neige…

Le Pines Inn Hostel est lui aussi plus vide qu’une boîte d’allumettes vide. Jill a disparu ( sa voiture n’est plus sur le parking ) et nous descendons de notre chambre 101 ( premier étage ) en nous demandant où elle est passée.

- Elle va certainement revenir commente Juju, l’ordi du salon fonctionne, toutes les lumières sont allumées et la porte d’entrée est grande ouverte ?
- Ben elle a intérêt, dis-je en constatant qu’elle a laissé un mot sur le comptoir avec un numéro de tel où la joindre en cas de besoin.

C’est que je voulais précisément lui emprunter son téléphone pour appeler ma copine du New-Jersey !

- Elle est allé faire une course, conclut ma p’tit moitié en visitant les lieux. C’est quand même bizarre… on dirait qu’on les seuls occupants de l’hôtel ?
- Je vais aller voir aux étages, décide Juju. P’têt qu’elle est occupée à dieu sait quoi ?

Ma p’tit moitié se balade dans les pièces du rez-de-chaussée et entre même dans la cuisine ( aussi vide que le reste ) tandis que je cliquetique sur le clavier du pc. Merde, pas d’accès à l’internet. Y’a aussi un piano droit dans la grande salle à manger, mais il est tellement désaccordé que ‘Au clair de la lune’ résonne vaguement comme ‘Meunier tu dors’. Soit.

- T’as trouvé quelque chose ? ( Ma voix résonne dans le bâtiment et la réponse de ma petite chérie me parvient assourdie de très loin, quelque part dans le fond ).
- Non… rien. Y’a personne.



Elle réapparait enfin avec des tas de points d’interrogations dans les yeux.

- C’est quand même curieux, non ? Et Juju… qu’est ce qu’il fout, voilà dix minutes qu’il est monté ?
- Tiens, c’est vrai ça ? je vais voir…

Je grimpe le grand escalier quatre à quatre et parcours tous les corridors en criant son nom, étage après étage ( il y en quatre ). Pas de réponse.

- Tu l’as trouvé ? (la voix lointaine et un peu inquiète de Poussin me parvient d’en bas).
- Ben non, ( je crie dans la cage d’escalier). JUJUUUUU… JUJUUUU… Cette fois-ci je hurle. Y’a pas besoin de se gêner on est vraiment tout seuls dans ce bordel.

Je redescends au pas de course et tombe sur Poussin au bas des marches, les sourcils froncés et visiblement inquiète.

- Comment ça, il est pas là ?
- Ecoute, j’ai tout passé en revue. Même l’accès au grenier ou à la plate-forme. Je sais pas où il est. Toutes les chambres sont fermées.
- Et la cave ? (Elle me montre près du comptoir d’accueil, un escalier dérobé qui s’enfonce dans une semi-obscurité.)
- Mais enfin.. qu’est ce que tu veux qu’il foutte à la cave ?
- Ecoute…( Poussin met un doigt à son oreille)... J’entends quelque chose, comme des trucs qui s’entrechoquent ?
- JUJUUUUUUUUU….

Nous descendons prudemment l’un derrière l’autre, elle devant bien sûr, moi j’assure les arrières, et découvrons presque à tâtons ( mais où se trouve ce fouttu interrupteur ) une salle…. de billard.

Mon fiston ( que je suis prêt à découper en rondelles de saucisson ) tourne calmos autour de la table avec une queue et jauge la position des boules sur le tapis vert. Dans le noir, ou presque.

- Julien, se fâche Poussin (quand elle dit ‘Julien’, c’est de toute façon pour l’engueuler) je ne veux plus que tu files comme ça sans prévenir…
- Mais je vous l’ai dit… se défend t-il. Y’a personne. Nulle part. Tout est vide.
- Amènes-toi, dis-je à ma moitié blanche de colère et aussi pour changer de sujet… on dirait que c’est une salle de séjour. Regarde, des instruments de muscu et là… waouw ! Un whirl pool ! Et en état de marche, l’eau fume encore.

Ma petite-femme-que-j’aime- et- que- j’adore me jette un regard concupiscent.

- Tu crois qu’on peut ?
- On va se gêner sans doute… allez hop, on monte chercher des essuies et des maillots et on plouffe dedans.

Juju refuse évidemment. En slip, vous vous rendez compte. C’est d’un vulgaire..



Fin du premier épisode.

Ah bon, parce que c’est pas fini ?

Oh que non. Le pire est à venir. ‘Shining’, je vous dis.

****
L’eau était délicieuse et on a tout de suite trouvé les boutons qu’il fallait pour obtenir des bulles, des jets massants et tout ça… bref, on retourne après une demie heure dans notre chambre, la peau fripée comme de vieilles sacoches, mais en pleine forme.

- Bon, tout le monde au lit et n’oublie pas de fermer la porte à clé insiste Poussin qui ressemble vaguement à un cierge d’église avec son essuie de bain autour des reins et un turban sur la tête.

C’est le moment que choisit notre Grand Duduche pour sortir de la salle de bain avec la tête du sale gosse qui vient de faire une bêtise.

- Pa, y’a le wc qu’est bouché !
- Comment ça bouché ?
- Ben oui, j’ai poussé sur la chasse et y’a rien qui part…
- T’as encore employé trop de papier ?
- Méuh non… va voir.

Ah ça, pour être bouché, il est bien bouché. Je pousse sur la manette d’évacuation qui ne fait pas du tout son boulot d’évacuateur mais repousse au contraire l’eau presqu’à ras bord de la cuvette. Bordel ! Heureusement que le papier cache l’essentiel. J’attends un peu que le niveau baisse, remplit le réservoir au max pour avoir de la pression et fait une nouvelle tentative.

Grosse erreur cher ami, très grosse erreur ! Car cette connerie de bidet au lieu d’avaler tout le … bon… vous voyez ce que je veux dire, le remonte d’un seul coup vers la surface ! J’ai juste le temps de refermer la planche pour empêcher le … consistant de s’épancher. Mais le liquide lui, fuit par tous les côtés et forme une grande mare jaunâtre qui s’écoule jusqu’à la porte.

MERDE ( c’est le cas de le dire ) ! Je suis fou furieux et la SS qui a disparu, style ‘démerdez-vous, j’ai une manucure sur le feu’ !

- Bon, dis-je à Poussin qui sur ces entrefaites a mis son pilou de coton et ressemble maintenant à un télétubbies. Je descends. Je vais retourner tout l’hôtel si nécessaire, mais il faut que Jill ramène ses fesses et nous donne une autre chambre.
- On va avec toi répondent en chœur mes deux comparses pas trop rassurés.

(vidéo)
**************************************************************************************

**************************************************************************************

En bas, rien n’a changé. Tout est ouvert , toutes les lumières brûlent et tout est vide. Il est passé dix heures du soir. Vous pouvez venir avec un semi-remorque si ça vous intéresse et tout embarquer. Y’a qu’a se servir.

D’abord trouver un téléphone… On va derrière le comptoir, on ouvre tous les tiroirs… rien. Des papiers, des factures et pour être précis, un vrai capharnaüm. Pas très ordonnée la grosse prétentieuse. Dehors, les maisons les plus proches sont plongées dans l’obscurité. Mais je m’apprête quand même à m’y rendre pour demander de l’aide quand…

Miracle ! Une voiture s’engage sur le parking plongé dans la pénombre. Non ce n’est pas la 4x4 de Jill, mais un être humain quand même. Une jolie américaine qui pensait que c’était un resto ( forcé avec toutes ces lumières ) et accepte avant de repartir de nous prêter son gsm.

‘Je ne suis pas là, pour l’instant mais vous pouvez laisser un message etc…’

- Ecoute, termine Poussin… y’en a marre. Laisse un message, on éteint tout, on ferme les portes, on va dormir et basta !
- Et on astique encore ses cuivres tant qu’on y est !
- Laisser tomber. On monte.

Fin du deuxième épisode.

Ah bon, parce que c’est pas fini ?

Oh que non. Le pire est à venir. ‘Shining’, je vous dis.

****

Tut tut, qui voili, qui voilà… Jill himself, avec ses deux enfants et un mari de ma taille. Un nabot quoi ! Elle est cool et a dézippé son sourire américain de onze heures de soir. Elle a reçu mon message et a fait aussi vite que possible.

Ok. Je ne vais pas vous faire ici tout le dialogue qui suit, car y’a peut-être des enfants qui lisent dans votre dos, mais disons pour résumer que après une entrée en matière d’une politesse glaciale, la conversation a rapidement dérapé, surtout lorsque je lui ai signifié qu’elle n’était pas professionnelle !

Notez, notez… les américains de type indo-européens n’ont aucun sens de l’humour. Aucun. Si vous leur dites qu’il y a un éléphant sur le toit, ils vous répondront aussi sec que c’est impossible car ce pachyderme ne vole pas. Mais la pire injure qu’on puisse leur jeter à la figure, je viens de le faire sans le savoir… ‘ce n’est pas professionnel’.

Ma lanceuse de poids est blanche de rage et hurle comme une harpie ( son mec est parti en rase motte réparer notre wc )
- Mais quelle insolence ! Quel toupet ! Je suis une femme d’affaires, MOI ! Je me suis faite toute seule, MOI ! Et ce n’est pas un petit français ( pardon, un belge ) qui va venir me faire la leçon ! J’ai encore le droit d’aller chercher mes enfants chez ma mère…
- Mais vous vous rendez compte… vous laissez tout ouvert… on a des ernnuis…personne à la réception… en plus, on pourrait tout vous voler...
- Vous n’aviez qu’à me téléphoner… et ici, Monsieur, on ne vole pas… ça ne se fait pas !

Et enfin la scène ultime de cet opéra dramatique, là où intervient le grand coup de cymbale…

- Et puis j’en ai assez… Vous êtes chez moi ici. ‘It’s my home here. Get out’ !

Elle se dresse au milieu du hall d’accueil comme la statue de la liberté avec un doigt tremblant tendu vers la porte de sortie.

- Je vous rembourse, sortez… ou j’appelle la police !

Silence complet dans le théâtre. Même pas un mec qui tousse.

Pendant tout cet échange d’amabilités, Poussin et Juju nous regardaient les yeux ronds en tournant la tête à droite et à gauche comme dans un match de tennis. C’est que ma petite-chérie-que j’aime etc… connait son mari et sait qu’on ne tend pas la main à un chien qui aboie le poil hérissé. Mais là, son regard hésite une seconde. Que va-t-il faire maintenant… ‘ get out’ à onze heures du soir ?

Vous n’allez pas me croire et c’est pourtant la vérité vraie.

L’autre nabot redescend du premier et me signale d'une petite voix que c’est débouché.

Je descends moi aussi, mais d’un ton, pour dire à Jill que dans ce cas, tout est ok et qu’au fond je regrette un tout petit peu de m’être emporté.

Elle me répond qu’elle s’était sentie injuriée et que et que…

Et...

Et nous nous embrassons.

Si.

Nous nous embrassons. Pas sur les lèvres bien sûr, sur la joue, mais quand même ! Fin du trisième épisode et happy end. Après tout c'est un film américain, non !

J’en rêve encore. Me demande même si Poussin n’a pas été un tout tout petit peu jalouse. Mais ça, c’est le genre de truc qu’elle n’avouera jamais, même sous la torture.

La suite un autre jour, si ça continue à vous amuser.

http://www.bandbsa.be/contes.htm

Avatar de l’utilisateur
Ababakar
archevêque étoilé du lapin
Messages : 329
Enregistré le : jeu. 05 janv. 2006 - 17:16
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Ababakar » jeu. 17 déc. 2009 - 13:16

peut etre que les gens ont des reactions bizarres parce que tu portes des bas ?!

( pffft ah ah ah , désolé)

Avatar de l’utilisateur
Bob Boutique
lapin invisible avec cape visible
Messages : 957
Enregistré le : mer. 18 juil. 2007 - 15:39
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Bob Boutique » jeu. 17 déc. 2009 - 14:32

Même un belge ne ferait pas une vanne aussi nulle... et puis, c'est bas !

Avatar de l’utilisateur
biskott
ourse verte
Messages : 5297
Enregistré le : dim. 15 sept. 2002 - 17:52
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar biskott » ven. 18 déc. 2009 - 19:46

Ouais c'est bas, n'empêche qu'elle a voulut résiller ton séjour :)

(moi aussi je sais faire des blagues pourries, c'est tout mon crédo même !)

Avatar de l’utilisateur
Bob Boutique
lapin invisible avec cape visible
Messages : 957
Enregistré le : mer. 18 juil. 2007 - 15:39
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Bob Boutique » sam. 19 déc. 2009 - 12:46

ok, égalité...

Avatar de l’utilisateur
Ababakar
archevêque étoilé du lapin
Messages : 329
Enregistré le : jeu. 05 janv. 2006 - 17:16
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Ababakar » sam. 19 déc. 2009 - 19:05

en tout cas j'espere que tu n'as pas gardé de mauvais sentiment de toute cette peripetie et que pour rester en contact tu lui as filé un mail
(ultra combo!)

Avatar de l’utilisateur
biskott
ourse verte
Messages : 5297
Enregistré le : dim. 15 sept. 2002 - 17:52
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar biskott » lun. 21 déc. 2009 - 18:49

Non, il est partit comme un sauvage, il effilé à l'anglaise.


(triple combo)

Avatar de l’utilisateur
Phiip the only Phiip
Le type qui fait les lapins, là...
Messages : 13019
Enregistré le : lun. 26 août 2002 - 17:48
[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Re: Les aventures extraordinaires de Bob le Belge aux USA

Message non lupar Phiip the only Phiip » lun. 21 déc. 2009 - 19:33

Hé ! Vous vous battez, puis bisous ?
comme dans lapin !
.


[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/vendor/twig/twig/lib/Twig/Extension/Core.php on line 1266: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable

Retourner vers « vos webcomics »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité