Les Copains d'abord

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Kozak
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Les Copains d'abord

Message non lupar Kozak » jeu. 26 janv. 2012 - 14:29

Sujet de la rédaction : Choisissez une photo. Racontez le souvenir qu'elle vous évoque de manière concise en laissant implicitement percevoir sa dimension symbolique.

Image

Les Copains d'abord

‑ Vas-y, je déborde sur l'aile ! gueula Germain parti comme un dératé.
Le grand Ferdinand envoya derechef un gros pacson à la trajectoire malheureuse qui termina, à défaut de surface de réparation, sur la surface de l'eau poisseuse qui bordait leurs ébats footballistiques.
‑ Flûte ! c'est râpé...
‑ Ah putain, Ferdi, tu fais chier à bourriner comme ça !
‑ Ah ah, c'est le shoot qui fait déborder la vase, persifla le gros Paulot qui décidément n'en ratait pas une.
Quant à moi, pour une fois, je ne disais rien.
État de crise à bord : le petit ballon en plastoc flottait là tout près comme une bouée mais personne n'avait vraiment envie de se mouiller pour aller le récupérer. Le problème paraissait insoluble. Dans ce genre de situations critiques, il faut toujours se serrer les coudes. Le conseil de guerre fut donc réuni sans délai. Dans la moiteur épaisse d'une nuit d'été carrément nocturne, les gamins se considérèrent gravement.
‑ C'est pas grave. On le laisse. De toute façon il est même pas à nous ce truc. On va se faire des tartines ? Il reste du pâté... proposa Paulot qui sombrait facilement dans le défaitisme et la goinfrerie.
‑ Pas question, il était orphelin. On l'a sorti de la rue. Il faut sauver le ballon ! clama Germain qui était le plus pugnace des potaches.
Alors l'idée lumineuse vint de la grande perche qui du haut de ses deux-tête-de-plus-que-tout-le-monde en arrosa ses petits camarades :
‑ On n'a qu'à faire une chaîne humaine !
Il exposa rapidement son plan de bataille qui obtint aussitôt l'adhésion de tout le conseil. Paulot, qui avait de loin le plus gros pantalon, serait la pierre angulaire du stratagème, le pilier de la machine, l'ancre de marine qui les rattacherait à la terre ferme des vaches et des lois du sol. Ferdinand aux longues pattes d'araignée dégingandée ferait office de cordage extensible pour descente en rappel élastique. De son côté, Germain, le casse-cou, l'intrépide à l'air nonchalant détaché d'un Belmondo invincible, main dans la main avec le frère, l'ami, partirait au front pour arracher l'objet convoité à l'aqueuse ennemie. Enfin, simple réserviste laissé oisif par l'état-major, c'est moi qui prendrais la photo.
L'opération fut un succès retentissant qui fit quand même bien moins de victimes qu'Austerlitz, ce qui n'est pas négligeable. Une fois de retour sur la pelouse, Germain lança la balle à Ferdi et galopa de plus belle vers le but virtuel.
‑ Vas-y, je déborde au centre !
Et tout recommença. Ils vécurent heureux et jouèrent longtemps au ballon, eurent beaucoup de plaies, de bosses mais aussi pas mal de fous rires et un joli paquet de souvenirs.

Jules Balançoire

2/20 : Vous feriez mieux d'aller en cours plutôt que de jouer à la balle !

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