glissements medicos spatios temporels

Parler de littérature, de bandes dessinées, de cinéma, etc. C'était un peu évident dans le titre, mais bon...

Modérateur : Modéros manichels

ramanaraz
qui ça ?
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Enregistré le : dim. 24 août 2008 - 22:18

glissements medicos spatios temporels

Message non lupar ramanaraz » dim. 24 août 2008 - 22:41

coucou je suis tout nouveau et tout perdu, un peu dur de s'y retrouver dans le labyrinthe de "lapin" et puis Ariane ne m'a pas filé de bobine.

je vous livre une tite nouvelle de mon cru qui - il me semble - colle à l'ambiance générale

longue vie aux lapins (quoique le lapin à la myrthe c'est un régal) aux canards (quoique le canard aux pruneaux...) et aux ours (sans restrictions, je suis un couard) !

GLISSEMENTS SPATIOS-MEDICO-TEMPORELS

Lundi 4 h 30 Dans mon lit à écrire dans ce journal intime. Comme toujours, dès que j’ai le stylo à la main, rien ne sort.

Lundi 5 h 12 Je me suis un peu endormi. Le jour pointe. Je m’ennui, je pense à hier.

Dimanche 8 h 15 Je me lève plutôt fringant malgré les diverses absorptions de la veille. Il doit me rester un peu de café.

Dimanche 8 h 30 Il en reste, je déjeune.

Dimanche 8 h 55 Je me douche en chantant : «I’m a passenger». J’adore cette chanson.

Dimanche 9 h 15 Je retourne dans ma chambre pour écrire dans mon journal. Je pense à hier ; à hier soir.

Samedi 21 h 00 Luc et Béa, Caroline aussi, viennent me chercher et me promettent une soirée inoubliable.

Samedi 21 h 20 J’ai fait du café, beaucoup, j’aimerai qu’il en reste pour demain. On en boit. Luc n’arrête pas de rire. Bêtement.

Samedi 21 h 40 Luc me dit qu’il est blindé mais que ce n’est pas fini. Il a piqué, je ne sais où, des pilules expérimentales. Il part dans un grand et long fou-rire, suivi par Caroline et Béa.

Samedi 21 h 55 Luc affirme qu’il s’agit de pilules temporelles (n’a-t-il pas plutôt dit : «temporaires » ?). Elles jouent sur la perception du temps. «Pas le climat idiot !» s’esclaffe Caroline. Et les voilà repartis dans leur fou-rire.

Samedi 22 h 05 Profitant d’une accalmie relative, je proclame solennellement que je ne prendrais jamais ce genre de saleté. Luc a juste le temps de dire que c’est déjà fait : il en a mis des tonnes dans le café. Mon café. Fou rire général (pas moi).

Samedi 23 h 30 Je demande si l’effet est rapide. Martine, qui vient sans doute d’arriver, à moins qu’elle n’ai toujours été là, me dit que c’est quasiment instantané.

Dimanche 0 h 00 Il est l’heure de partir danser. Je fredonne «I’m a passenger» et je monte en voiture avec Martine qui n’est sans doute pas venue.

Dimanche 3 h 00 On arrive à la boite : le Faust. Elle n’est pourtant qu’à quelques minutes de chez moi. Le trou noir. Je regarde ma voisine d’un œil suspect. C’est Luc, son visage est inexpressif.

Dimanche 3 h 10 Nous sommes à l’intérieur du Faust. Je cours aux toilettes espérant évacuer par un moyen ou par un autre les pilules temporelles.

Dimanche 3 h 20 Pas moyen d’évacuer. Je pars sur la piste, j’ai entendu «I’m a passenger» (la la la la, la lalala…).

Dimanche 4 h 00 Ce devait être une version longue. Ou un autre trou noir.

Dimanche 4 h 10 Martine, qui doit être là, m’entraîne vers les toilettes : «j’ai envie de toi !» me susurre t-elle.

Dimanche 4 h 15 Fausse alerte, ce n’est pas de moi qu’elle avait envie.

Dimanche 3 h 21 Je saute sur la piste, j’adore «I’m a passenger» (la la la la, la lalala). (Tiens, j’ai un énorme sentiment de déjà vu).

Dimanche 3 h 30 Je prends une Vodka mais, heu, qu'est-ce que tu dis, heu, t'es speed toi, heu.... J’ai l’impression que tout s’effiloche autour de moi.

Dimanche 3 h 35 Vodka Tranxene,
Quel énergumène !

Dimanche 3 h 40 Vodka laudanum,
Quel homme !

Dimanche 3 h 45 Vodka aspirine,
Martine, si je t’attrape…

Dimanche 4 h 15 En sortant des waters où je m’étais assoupi, je me rencontre en train de me faire jeter par Martine. Au secours, je perds pied !

Dimanche 4 h 30 Je tente de raconter, patiemment, mon histoire au barman.

Dimanche 5 h 00 Ce n’est pas le barman, c’est l’extincteur.

Dimanche 5 h 10 J’essaie d’avoir des rapports sexuels avec l’extincteur : c’est froid. Le vrai barman me jette dehors. Je me cogne la tête.

Vendredi 3 h 00 Béa me demande ce que je fais là puisque je n’y suis pas. Je lui répond que je suis en effet ailleurs mais que j’aime beaucoup la chanson qui passe en ce moment (la la la la, la lalala…).

Vendredi 3 h 05 Je constate qu’en effet je ne suis pas là. Je me réveille.
Dimanche 7 h 45 Je suis horrifié. Je suis encore dans la rue alors que je me réveille bientôt dans mon lit. Un de nous deux n’est pas moi (ou vice-versa).

Dimanche 8 h 10 Je monte dans ma voiture en pensant à mon moi qui se lève chez lui (chez moi aussi) dans 5 minutes. Je vois Béa sur la banquette arrière, dormant paisiblement. La Béa de vendredi ou celle de samedi ?

Dimanche 8 h 55 Je suis chez moi ; deux fois. Je me douche et je bois mon café. Mon café… C’est dans le café que Luc a versé ses saletés !

Dimanche 9 h 12 Je me précipite dans ma chambre pour m’empêcher d’écrire. Je glisse sur une chaussette que j’ai du laisser traîner par terre (le moi qui se douchait). Je me cogne la tête.

Vendredi 3 h 02 Béa me demande ce que je fais là, puisque je n’y suis pas, je lui réponds qu’en effet je ne suis pas là puisque je suis en face en train de danser sur « I’m a passenger » (la la la la lala la, la la la la lala la). Béa se signe.

Vendredi 3 h 05 Je me surveille, de loin. A 3 h 05 je disparais, ploup ! Etant donné que je sais où le ploupeur va se retrouver, je me dis qu’à ce rythme là nous allons bientôt être nombreux chez moi (chez nous), dimanche matin.

Vendredi 3 h 15 Je tente vainement de plouper (je ploupe, tu ploupes, il ploupe…), je n’arrive pas à quitter le vendredi. Je vais au bar, le barman ne me connaît pas encore, l’extincteur non plus.

Vendredi 3 h 20 Vodka Gardénal,
Tu verras, ça fait pas mal…

Vendredi 3 h 25 Vodka Temesta,
T’as vu la gueule que t’as !

Vendredi 3 h 30 J’essaie de vomir les cachets. A la réflexion, c’est normal que je n’y arrive pas : je ne prendrais ces cochonneries que dans deux jours.

Vendredi 3 h 40 J’ai coincé ma boucle de ceinturon dans l’abattant des W.C.

Vendredi 5 h 00 Comme personne ne vient, je tire désespérément et je m’encadre joliment dans le cadre de la porte. Joliment mais bruyamment.

Vendredi 5 h 02 Le barman me sort de la porte et me sort de la boite. Avec fracas.

Vendredi 5 h 30 Après de longues recherches, je retrouve ma voiture. A l’arrière, Martine dort. Va peut-être falloir que je lui demande ce qu’elle vient faire dans cette affaire.

Vendredi 6 h 00 Chez moi, en train de faire du thé, beaucoup de thé. Je jette le café.

Vendredi 6 h 20 Je m’endors sur ma tasse de thé.

Samedi 20 h 30 Le téléphone me réveille. Je regarde l’heure, c’est Luc qui appelle. Je me cache précipitamment. Le «moi» qui va répondre ne doit pas me voir. Il n’est encore au courrant de rien. Si je dois parler avec un «moi», ce ne sera pas lui.

Samedi 20 h 40 Pendant que le « moi » actuel s’habille pour vite acheter du café (avant cette aventure, je ne buvais jamais de thé), je m’éclipse. Je file au bar.

Samedi 20 h 50 Au bar du coin et au coin du bar, je rencontre Luc et Béa, et Caroline. Ils commencent la soirée au tequila Paf. On boit.

Samedi 20 h 59 Je demande à mes coreligionnaires d’aller voir chez moi si j’y suis. Ils y vont. J’y suis !

Samedi 21 h 30 Je me dis qu’à être plusieurs, autant en profiter : je décide d’aller au cinéma, je me rejoindrai plus tard pour essayer de me dépêtrer de cette affaire.

Samedi 23 h 15 C’était un film de suspense, genre dédoublement de personnalité. J’ai beaucoup rigolé.

Samedi 23 h 17 Je me souviens que Martine habite tout près, je vais la chercher, il y aura un moins un moi d’elle dont je connaîtrais l’origine.

Samedi 23 h 23 J’arrive chez Martine, la porte est ouverte. Je tombe nez à nez avec une Martine en train d’en étrangler une autre. Une voisine hurle à travers la cloison qu’elle va appeler la police… Ils auraient une sacrée surprise ! Je sépare les deux Martine.

Samedi 23 h 30 J’explique à la Martine « locale », toute l’histoire. Je commence à bien l’aimer cette fille, enfin… Ces deux filles. J’essaie de leur expliquer qu’il va peut-être y avoir du changement, en effet, Martine 2 a empêché Martine 1 de venir retrouver mon moi 1 chez moi. Je demande une aspirine.

Dimanche 1 h 00 Nous avons tenté vainement de plouper, une bonne dizaine de fois chacun. Martine deux épuisée, se blotti contre moi.

Dimanche 1 h 05 Martine 1, jalouse, assomme Martine 2 à l’aide d’une poêle en fonte. Ploup ! On se regarde, l’air abruti. Il suffit d’un bon coup sur la tête.

Dimanche 2 h 12 Après s’être longuement regardés d’un air méchant, poêle en fonte et fer à repasser en main, nous décidons d’aller au Faust pour plouper tout le monde.

Dimanche 3 h 02 Encore un trou noir, nous passons devant l’Indien, videur inamovible du Faust. Il nous regarde incrédule, Martine et moi venons de rentrer, je vois nos dos s’engouffrer sur la piste de danse. Il promet d’arrêter ses étroits rapports avec Marie-Jeanne et s’efface.

Dimanche 3 h 08 Martine s’occupe de Martine, moi de moi. Je m’attends dans les toilettes, la poêle de Martine à la main (heureusement que l’on ne ma pas fouillé à l’entrée). Je (il) rentre, je me donne un grand coup de fonte. Ploup. Ouf !

Dimanche 3 h 15 Je me détends, je me passe un peu d’eau froide. Un gars, qui rentre parce qu’il a rendez avec quelqu’un (Martine ?) est assez surpris de me voir, une poêle à la main.

Dimanche 3 h 18 Après la surprise, la peur, malgré (ou à cause) mon sourire fatigué, le soupirant s’enfui sans demander quoi que ce soit. Ploup ! Un autre moi apparaît, me regarde, regarde l’ustensile en fonte, se regarde (avec les miroirs habilement disposés, cela fait pas mal de moi).

Dimanche 3 h 20 IL décide de fuir lui aussi. Sur la piste résonne «I’m a passenger» (on connaît les paroles). Il s’arrête, il aime, bien sûr, beaucoup cette chanson. J’essais de lui virer un coup monumental mais…

Dimanche 3 h 21 Le soupirant, pris de remords, pousse violemment la porte il bouscule mon moi qui fuyait et se prends en pleine poire la poêle. Le coup est puissant, il part en arrière, percute une première fois l’arrête du mur, puis tombe mollement et grotesquement par terre. Martine est libre. Je rattrape par le bout du T-Shirt mon moi qui prenait la poudre d’escampette. Je le renvoie en arrière, il part dans les toilettes, en essayant de se rattraper, il tire la porte derrière lui. Paf ! Ploup ! Une bonne chose de faite.

Dimanche 3 h 35 J’ai fourré le mort dans les toilettes, j’ai fermé la porte et je surveille que personne ne rentre. Je ne vais pas pouvoir rester comme cela longtemps.

Dimanche 4 h 10 Martine rentre, je lui explique les derniers développements. Ce n’est pas Martine, enfin… Pas celle qui sait.

Dimanche 4 h 15 La Martine qui sait rentre, elle met d’emblée un bon coup de fer à repasser (heureusement qu’on ne l’a pas fouillée à l’entrée) sur le crane de l’autre Martine. Pas ploup. Merde…

Dimanche 4 h 30 A priori, on ne peut pas plouper les originaux… Et pourtant… Je ne sais plus. Martine non plus. On met Martine morte avec son soupirant tout aussi mort. On rigole parce que, la semaine dernière, On a passé Roméo et Juliette à la télé.

Dimanche 4 h 35 On rigole plus. Caroline et Luc sont rentrés pour prendre du bon temps. Paf ! paf ! Pas ploup, pas ploup. Re-merde. C’est quand même tuant comme il est facile d’occire !

Dimanche 4 h 55 Après délibération de nos deux «moi» présents, on décide de partir comme si de rien n’était. Non mais !

Dimanche 5 h 00 Au passage je me surprends en train de raconter mon histoire à l’extincteur (tiens, je croyais avoir ploupé ce moi là !). Je passe derrière moi, vise bien et… Bam ! Un bon coup de tête contre l’extincteur ! Ploup. Ah… Je n’ai pas perdu la main.

Dimanche 5 h 07 Le barman me demande et se demande ce que je viens de faire. Je lui demande, perfide, ce qu’il a cru voir. Il m’explique, je rigole. Il rigole, il me paie une vodka. Une fille sort en hurlant des chiottes : « il y a pleins de cadavres partout ! » Menteuse ! On les a bien rangés !

Dimanche 5 h 08 Comprenant qu’il est temps de filer, Martine et moi esquissons un pas de retrait… En même temps. On se tamponne. Poêle et fer à repasser tombent. Le videur qui venait en renfort nous bloque avec un sourire méchant.

Dimanche 5 h 15 La police est là.

Dimanche 5 h 25 Je suis en salle d’interrogatoire.

Dimanche 5 h 40 Sans être torturé (torture-t-on toujours ?), je décide de tout raconter. Je commence par dire : « Allez donc voir ailleurs si j’y suis». Ils n’y vont pas, c’est dommage, j’y suis.

Dimanche 17 h 30 Je suis dans ma cellule capitonnée. Je pense a tout les moi qui vont devenir orphelins. J’ai le cafard. J’ai aussi un moyen quasiment sûr de m’évader.

Dimanche 17 h 31 Je prends mon élan et je fonce tête première vers le mur. Capiton ou pas… Je perds conscience. Ploup.

Mercredi 17 h 30 Tiens, je n’étais encore jamais venu ici. Rah… Je sens que je vais bien m’éclater.

Mercredi 17 h 32 Je confirme. Je m’éclate ! Euh non… On s’éclate !



FIN (?)

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Johnny
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Re: glissements medicos spatios temporels

Message non lupar Johnny » dim. 24 août 2008 - 23:28

ramanaraz a écrit :longue vie aux lapins (quoique le lapin à la myrthe c'est un régal) aux canards (quoique le canard aux pruneaux...) et aux ours (sans restrictions, je suis un couard) !

T'as oublié de saluer les Belges.


Pour la Zone, il faudrait plus de sang.


Tu vas te plaire ici.
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Message non lupar Phiip the only Phiip » lun. 25 août 2008 - 07:09

Pas désagréable à lire comme nouvelle !
Welcome.

Tu peux te présenter dans le truc pour les nouveau dans "annonces générales importantes".
On t'expliquera quoi faire avec les canards là-bas.

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Johnny
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Message non lupar Johnny » lun. 25 août 2008 - 07:15

Il parle de ça.
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Dash
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Message non lupar Dash » lun. 25 août 2008 - 22:20

J'ai beaucoup aimé cette nouvelle.
J'espère que ce ne sera pas la dernière.
La littérature au bazooka, ça décoiffe.
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